mardi, 15 avril 2008

Le fabuleux monde agricole...

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Cher Tony,

Aujourd’hui, sortie terrain ! Non, l’institut qu’est l’IGARUN n’est pas devenu subitement riche et motivé par la formation de ses étudiants. Non, pas vraiment, les profs donnent les consignes et nous allons sur le terrain.

Donc vélo <20 min, c’est raisonnable>, stylos et papier et nous voilà dans une exploitation agricole. <Don’t panic>, je n’étais pas en bottes de caoutchouc à compter des vaches en pataugeant dans une boue douteuse en tentant de comprendre et de me faire comprendre d’un agriculteur de 58 ans <j’ai déjà fait, remarque, ah, t’y crois pas>. L’agriculture, ce n’est plus ça… Mme Margetic se tue à nous prouver le contraire ! L’agriculture, c’est un monde merveilleux, jeune, beau, dynamique, respectueux de la nature… Et j’ai trouvé l’exploitation agricole selon le monde édulcoré de la licence 2 de géographie à Nantes.

Les Salines de Millac se situent dans la Baie de Bourgneuf, en France. C’est une Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée (EARL) de 11 ha qui fait vivre deux cogérants passionnés. La production, c’est du sel. Le sel est un produit particulier dans la mesure où il n’est ni végétal ni animal, c’est un produit minier et non reconnu en tant que produit alimentaire pendant un certain temps. La production se fait sur la terre mais nécessite également la mer. Revenons à notre exploitation, il n’y a aucuns bâtiments. Nous sommes sur une zone Natura 2000 et la construction est interdite. Pourtant, l’exploitation marque le paysage. Les trois marais salants de l’exploitation se démarquent du marais alentour puisque c’est une zone entretenue par l’homme.

L’exploitation est jeune (6 ans) et est une création. Les exploitants sont jeunes et ont un parcours atypiques dont les influences sur leur travail d’aujourd’hui est marquée : écologie, marketing, sommelier… C’est peut-être aussi ces expériences dans le monde du travail autre qu’agricole qui leur donne deux atouts majeurs : la diversification et l’innovation. Pourquoi se diversifier quand on ne parle que de spécialisation ? Se diversifier permet de rebondir. L’innovation, c’est un des gros mots de l’économie mondiale. L’agriculture est un secteur de l’économie mondiale, ce n’est pas un monde à part qui pourrait se passer des dernières modes.  

samedi, 05 avril 2008

Les rapports sino-américains

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Cher Tony,

Suite à mon exposé d’hier sur les rapports sino-américains, je me propose <puisque je suis débordée> de te donner quelques éléments de réflexion à ce sujet. 

Je travaillais à partir du texte « Les rapports sino-américains Passé, présent, futur » écrit par le Général Henri EYRAUD. C’est un article de 2003 paru dans la revue de géopolitique Hérodote.

Les rapports sino-américains sont décrits dans ce texte sous l’angle des relations internationales, la difficulté résidait donc dans une retranscription sur le mode géopolitique. J’ai axé mon exposé sur les raisons du dialogue conflictuel entre les Etats-Unis et la Chine en travaillant la notion de puissance.

La puissance, c’est un terme des relations internationales. En effet, de prime abord, la notion de puissance paraît au dessus du territoire. Pourtant, historiquement, un des attributs de la puissance réside dans la géographie des Etats. Les attributs de la puissance évoluent. Aujourd’hui la taille du territoire est moins importante que la puissance économique. Cependant la puissance militaire est toujours prépondérante. En réalité NYE distingue le hard power du soft power. Le hard power correspond à des attributs classiques : géographie, démographie, économie. Tandis que le soft power regroupe les médias, les manifestations mondiales, la diffusion d’un genre de vie ou la capacité à modifier l’agenda international. La frontière entre les deux est parfois un peu floue comme dans de nombreux concepts. Par exemple, la population prise seule peut être considérer comme un handicap mais en mêlant population nombreuse à un haut revenu et à une qualification importante, on change quelque peu la donne.

Pourquoi les relations sino-américaines s’apparentent-elles à un rapport de force ? Parce que nous sommes en présence de deux puissances. Les Etats-Unis sont l’hyperpuissance depuis la fin de la guerre froide. Son aire d’influence est le monde dans son ensemble. La Chine a réalisé une formidable croissance économique. De plus, la Chine reste un Etat non démocratique avec lequel il faut composer. La Chine souhaite faire cesser l’ingérence américaine dans ce qu’elle considère comme sa zone d’influence : Taïwan, le Tibet, les îles Spratleys ou le Xinjiang.

dimanche, 09 mars 2008

Bref topo sur le Cachemire

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Cher Tony,

Le Cachemire, c’est un territoire himalayen que se disputent trois puissances asiatiques. Et le Cachemire est malheureusement un exercice récurrent de la géopolitique.

Le Cachemire, c’est une région montagneuse enclavée. C’est le château d’eau du sous-continent indien. Contrôler la région est un moyen de pression sur les Etats d’aval que sont l’Inde et le Pakistan. Et plus l’Etat est dépendant de cette ressource, plus sa volonté de contrôler cette ressource est forte : le Pakistan. Au Cachemire, la religion majoritaire est l’Islam. Il n’y a pas de guerres de religion. Cette région voit s’affronter deux Etats aux conceptions différentes et contradictoires : l’Inde et le Pakistan. Historiquement, l’Inde et le Pakistan formaient un seul Etat. La partition est largement fondée sur l’appartenance religieuse. Nonobstant, l’Inde se veut un Etat séculariste, les Indiens ont une religion officielle mais sont tolérants envers les autres tandis que le Pakistan est un Etat fondé sur la religion musulmane. Le sécularisme est une notion particulière qui est difficile à appréhender avec la culture française particulière autour de la laïcité. La Chine , le troisième acteur, voit en cette région un espace stratégique qu’elle doit contrôler afin de maîtriser deux « points sensibles » de son territoire : le Xinjiang et le Tibet.

Ces trois puissances possèdent l’arme nucléaire, on ne peut donc parler de conflit mineur.

A cette géopolitique, il ne manque que les Cachemiris.

samedi, 09 février 2008

Le rap en géopolitique

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Cher Tony,

La géopolitique est une approche qui s’adapte à tous les sujets. En géopolitique, on ne s’interdit rien ! Alors pourquoi pas une géopolitique du rap ? C’est ce qu’a fait Barbara LOYER dans l’article « Langue et nation en France » paru en 2007 dans Hérodote.

Seulement voilà Barbara LOYER est une spécialiste… du Pays Basque ! Et l’article rapproche les identités régionales au rap français.

L’auteur reprend le lien entre la langue française et la nation française. Et il est aisé de comprendre le cheminement de l’article quand aux particularismes régionaux.

Là où la tâche est plus rude, c’est quand au rapprochement avec le rap français. Elle appuie sa démonstration sur la figure de la victime qui serait commune aux deux mouvements. L’Etat est oppresseur, il doit réparation et notre mouvement apparaît comme une sorte de résistance.

La comparaison entre identités régionales et rap français est osée mais aussi dérangeante puisque l’identité régionale se fonde sur une langue autre que française tandis que le rap s’appuie sur la langue française, l’auteur le souligne elle-même. Le rap vaudrait à lui seul un article de géopolitique ! En réalité, cet article manque de connaissances sur le mouvement du rap français et c’est en cela que la démonstration ne peut aboutir.

Le rap français est un mouvement musical porté par des acteurs. On pourrait, dès à présent, réaliser un historique du rap. Plusieurs générations se succèdent et la scène française comporte des personnes de plus de quarante ans et des nouveaux venus de quatorze ans. Mais entre ces générations, d’autres trouvent leur place. Le rap est fortement dominé par le monde masculin mais là encore ce n’est pas exclusif et Diam’s est, forte heureusement, pas la seule artiste féminine. Tous les rappeurs n’ont pas vécu en banlieue. Il est curieux de surprendre des gens en disant cela. Et l’écoute du rap n’est pas réservée aux « banlieusards ». Et tout habitant d’une cité n’écoute pas spécifiquement du rap. « Certains ont fait des études »… Le souci est, je pense, une ignorance plutôt qu’un affront ou une provocation.

Dans un mouvement de peinture, on décèle une évolution, une progression. Dans le rap, les choses sont de même et chaque texte doit se resituer dans son contexte. Certains évènements dont évidemment les troubles de novembre 2005 ainsi que l’élection de Sarkozy ont marqué les textes et entraîné des réactions et des réflexions. Les textes d’un même rappeur peuvent se contredire le temps de 2 ans de carrière. Tout n’est pas comparable !

Le rap français a ses grands noms dont on ne peut faire l’impasse. Il est traversé par de grandes tendances : Marseille, Paris. Le slam s’apparente aux belles lettres du rap, a-t-il entraîné une réflexion du monde du hip hop sur la qualité ? Les problématiques géopolitiques autour du rap pourraient être intéressantes mais demandent une structuration du propos.

On ne peut prétendre à une géopolitique du rap sans un minimum de connaissances préalables. L’article de B LOYER donne de nombreuses pistes de réflexion notamment sur la construction de la « banlieue » par le rap. La banlieue est le territoire par excellence des acteurs précédemment esquissés.

Et oui la géographie s’intéresse à tout… même à nos passions.

mardi, 15 janvier 2008

Paysan et oublié...

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Cher Tony,

Les princes enfourchent leurs montures et vont combattre les FARC. Et s’ils ne réglaient pas le problème. Oh oui, il y a des libérations… Le « I have a dream » de M Sarkozy ne s’est pas tout à fait déroulé comme il le souhaitait. Mais c’est sûrement une question de temps. Pourtant le problème demeurera, par conséquent on sera face à d’autres difficultés, peut-être pas des otages mais nous pouvons faire confiance aux FARC, ils trouveront.

Le problème de la répartition des terres est récurrent en Amérique Latine. Pourtant ce continent est peu peuplé (d=21,36). Le poids de la colonisation y est très manifeste. La structure agraire est caractérisée par la très grande propriété souvent sous exploitée = latifundia en face de laquelle on retrouve la petite propriété = microfundium sans parler du grave problème des paysans sans terre (voir la technique du grillon dans « Voyage aux pays du coton » de E ORSENNA p. 105). Premier problème que la décolonisation n’a pas su résoudre. Elle l’aurait même peut-être empiré. Et puis aujourd’hui l’Amérique Latine est un continent urbain alors la réforme agraire s’évanouit petit à petit de programmes politiques. Ainsi en 1992, au Mexique, les plafonds imposés pour limiter la taille des exploitations sont enlevés comme toute référence à la réforme agraire dans la constitution.

Second problème, vendre les produits agricoles. Cela semble très faisable. Seulement voilà, ce sont les pays riches qui ont fixé les règles du jeu et comble, ils trichent. < C’est ballot >

Soit en additionnant, je suis un paysan en possession d’un petit lopin de terre, je produis peu, je vends, seulement pour que ma marchandise s’écoule je dois rester compétitif donc accepter des prix dérisoires. Mais je ne reçois pas la moitié de mon salaire en aides multiples et variées… Alors voilà, un jour, on me propose de cultiver des plantes pas très légales, je le sais pertinemment mais qui se vendent très chères dans les pays développés. Je ne fais rarement des folies de cet argent, je n’en suis pas très fier. D’ailleurs lorsqu’on me propose un plan de reconversion, j’y perds mais j’accepte le plus souvent. Cet argent il me permet de vivre, de faire vivre ma famille, éventuellement envoyer à l’école mes enfants, permettre à ma femme de consulter un médecin lors d’une grossesse, un véritable luxe. Les paysans cultivant cette drogue, que nous pays riches consommons < rappelons-le > ne le font pas spécialement de bon cœur, ils survivent.

Et puis les grands de ce monde décident d’éradiquer le problème à la source : stériliser les terres servant à la culture de la coca. Oh Monsanto s’en félicite ! On détruit cultures illégales comme légales (de la banane, des ananas…), on empoisonne même des fœtus. Et le tour est joué… Face à ses actes, les paysans sont désemparés, la colère est vite instrumentalisée par des êtres sans scrupules. Et il est alors facile d’enrôler des hommes dans des guérillas armées.

Assumer les vrais problèmes de son pays : consommation de drogue par la moitié des jeunes générations ou permettre à des paysans d’obtenir une terre et d’en vivre… programme ambitieux de long terme à l’heure où les dirigeants recherchent des satisfactions personnelles beaucoup moins idéalistes et surtout dans les plus brefs délais. Les paysans ne sont pas la priorité, tout simplement. Mais il faut aussi replacer l’actualité dans son véritable contexte.