samedi, 08 décembre 2007
Voyage sur un atoll

Cher Tony,
Envie de soleil, je ne vois vraiment pas pourquoi… Ce serait abusé, on sort tout juste d’un mois de « vacances ». Non du tout mais bon, s’imaginer sur une plage de sable blanc, à 28°C sous les cocotiers ! Pourquoi pas ? Ca fait tout de même un peu cliché.
Les atolls. Tu croyais qu’on ne pouvait pas faire de géographie en rêvant !
La photo est en rapport avec l’article. Les atolls intriguent depuis longtemps, Darwin avait formulé une hypothèse assez intéressante à ce sujet. Et puis, les techniques se sont développées alors on a sondé ces petites îles curieuses, des théories scientifiques sont arrivées jusqu’aux oreilles de géomorphologues.
Les coraux sont des êtres vivants, ils sont un peu difficiles. Entre autre, ils exigent une eau supérieure à 18°C avec une amplitude thermique inférieure à 3°C. Ils ne tolèrent pas les taux de salinité inférieur à 270/00. Ils n’aiment pas être dérangés et donc ne supportent pas les troubles. Et ils peuvent se développer à des profondeurs de l’ordre de dizaines de mètre. Et comme tous les animaux, ils doivent se nourrir, en l’occurrence d’algues (O2) qui pour respirer ont besoin de la lumière (donc faible profondeur, peu troubles, eaux non chargées…). Toutes ces petits êtres forment une biocénose qui suppose un milieu : le biotope. Ce qui forme des récifs coralliens, c’est une construction biologique constituée de squelettes calcaires et de leurs débris sécrétés et cimentés par les organismes marins vivant en colonie.
Ce n’est pas uniquement dans les atolls que l’on découvre des récifs coralliens.
Pour comprendre les atolls, il faut raconter leur histoire. Elle se déroule sur des millions d’années… La Terre est un puzzle de plaques, c’est aux contacts entre celles-ci que les forces internes se dissipent mais pas seulement. Les points chauds ne fonctionnent pas sur les frontières des plaques. Le point chaud est un chalumeau en dessous d’une fine croûte mais il n’est pas immobile. Cependant sa vitesse n’est pas non plus constante alors en certains endroits de la croûte terrestre océanique, le point chaud en s’éternisant un peu l’a percée et la lave a continué de sortir ce qui a construit un édifice volcanique. Stade Hawaï ! Ce type de volcan est très plan, c’est un cône très aplati. Alors tant que le volcan est alimenté, il croît, il émerge. Comme il est très large, autour de la nouvelle île, il n’y a pas de précipice au-delà de la côte, au contraire on s’avance avec une pente très faible vers les profondeurs. On imagine ensuite que les conditions sont idéales à la formation d’un récif corallien et tout autour de notre volcan, une couronne va se former, se développer… Seulement notre point chaud est toujours mouvant, l’apport magmatique va cesser. L’érosion qui était déjà présente va marquer plus nettement les formes structurales. Pourquoi l’érosion va s’appliquer différemment sur le récif corallien et sur le volcan, c’est ce que l’on appelle l’érosion différentielle. On ajoute aussi un peu de subsidence < mot barbare de la géomorphologie > c’est lourd donc ça coule < je promets de mieux le formuler dans ma copie > alors l’édifice volcanique va s’enfoncer. Résultat, ne va subsister qu’un anneau entourant une lagune. Ce stade qui fait les belles cartes postales ne va pas rester immobile durant un temps infini, l’histoire géologique continue. D’autres mouvements plus rapides peuvent intervenir comme les régressions et transgressions du niveau marin.
Et puis les atolls n’ont pas toujours des formes circulaires. Cela est du aux petites natures que sont ces organismes vivants à l’origine des récifs coralliens. En effet, ils sont aussi très sensibles aux vents. La forme de fer à cheval est assez remarquable que ce soit dans les zones balayées par les alizés ou de sens opposé ceux disposés dans la Zone de Convergence Inter Tropicale et frappés par les moussons. Le vent n’agit pas seulement au stade de l’érosion, il ne peut qu’imprimer quelques retouches mais dans la formation même du récif.
Avec tout ça, se prélasser sur une belle plage de sable fin des Maldives (forme de faros), ce n’est plus tellement du cliché. C’est l’étude de terrain des Madréporaires groupés en colonies de Polypes.
Sur la photo < non, elle ne provient pas d’une sortie terrain > nous contemplons un atoll pélagique. C’est un récif anormalement perché au dessus de la mer. Il s’agit de l’île de Bikini du côté des îles d’Hawaï au milieu de l’Océan Pacifique.
22:07 Publié dans Géographie physique : Géomorphologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, atoll, géomorphologie, corail



































Commentaires
Alors géomorphologue en herbe, on donne même des cours sur internet , sympa !
Ecrit par : eulalie | mardi, 08 janvier 2008
Pourquoi tu ne t'es pas mis en lien ? Il ne faut pas avoir peur...
Ecrit par : Lola | jeudi, 10 janvier 2008
" des formes circulaires " : pas sûr , je ne crois pas que le cercle existe dans la nature . Ou rarement . L ' ellipse y est reine !
Ecrit par : Nostradamou et les RG | samedi, 19 avril 2008
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