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mardi, 15 janvier 2008

Paysan et oublié...

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Cher Tony,

Les princes enfourchent leurs montures et vont combattre les FARC. Et s’ils ne réglaient pas le problème. Oh oui, il y a des libérations… Le « I have a dream » de M Sarkozy ne s’est pas tout à fait déroulé comme il le souhaitait. Mais c’est sûrement une question de temps. Pourtant le problème demeurera, par conséquent on sera face à d’autres difficultés, peut-être pas des otages mais nous pouvons faire confiance aux FARC, ils trouveront.

Le problème de la répartition des terres est récurrent en Amérique Latine. Pourtant ce continent est peu peuplé (d=21,36). Le poids de la colonisation y est très manifeste. La structure agraire est caractérisée par la très grande propriété souvent sous exploitée = latifundia en face de laquelle on retrouve la petite propriété = microfundium sans parler du grave problème des paysans sans terre (voir la technique du grillon dans « Voyage aux pays du coton » de E ORSENNA p. 105). Premier problème que la décolonisation n’a pas su résoudre. Elle l’aurait même peut-être empiré. Et puis aujourd’hui l’Amérique Latine est un continent urbain alors la réforme agraire s’évanouit petit à petit de programmes politiques. Ainsi en 1992, au Mexique, les plafonds imposés pour limiter la taille des exploitations sont enlevés comme toute référence à la réforme agraire dans la constitution.

Second problème, vendre les produits agricoles. Cela semble très faisable. Seulement voilà, ce sont les pays riches qui ont fixé les règles du jeu et comble, ils trichent. < C’est ballot >

Soit en additionnant, je suis un paysan en possession d’un petit lopin de terre, je produis peu, je vends, seulement pour que ma marchandise s’écoule je dois rester compétitif donc accepter des prix dérisoires. Mais je ne reçois pas la moitié de mon salaire en aides multiples et variées… Alors voilà, un jour, on me propose de cultiver des plantes pas très légales, je le sais pertinemment mais qui se vendent très chères dans les pays développés. Je ne fais rarement des folies de cet argent, je n’en suis pas très fier. D’ailleurs lorsqu’on me propose un plan de reconversion, j’y perds mais j’accepte le plus souvent. Cet argent il me permet de vivre, de faire vivre ma famille, éventuellement envoyer à l’école mes enfants, permettre à ma femme de consulter un médecin lors d’une grossesse, un véritable luxe. Les paysans cultivant cette drogue, que nous pays riches consommons < rappelons-le > ne le font pas spécialement de bon cœur, ils survivent.

Et puis les grands de ce monde décident d’éradiquer le problème à la source : stériliser les terres servant à la culture de la coca. Oh Monsanto s’en félicite ! On détruit cultures illégales comme légales (de la banane, des ananas…), on empoisonne même des fœtus. Et le tour est joué… Face à ses actes, les paysans sont désemparés, la colère est vite instrumentalisée par des êtres sans scrupules. Et il est alors facile d’enrôler des hommes dans des guérillas armées.

Assumer les vrais problèmes de son pays : consommation de drogue par la moitié des jeunes générations ou permettre à des paysans d’obtenir une terre et d’en vivre… programme ambitieux de long terme à l’heure où les dirigeants recherchent des satisfactions personnelles beaucoup moins idéalistes et surtout dans les plus brefs délais. Les paysans ne sont pas la priorité, tout simplement. Mais il faut aussi replacer l’actualité dans son véritable contexte.

Commentaires

analyse très intéressante des divers problèmes rencontrés par l'Amérique du Sud dont on entend parler abondammant en ce moment! On constate encore une fois que ce sont toujours les plus forts et les plus puissants qui gagnent... Mais les géographes seront là pour sauver le monde (où plutôt soulever les problèmes^^)!

Ecrit par : Julien | mercredi, 16 janvier 2008

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