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samedi, 09 février 2008
Le rap en géopolitique
Cher Tony,
La géopolitique est une approche qui s’adapte à tous les sujets. En géopolitique, on ne s’interdit rien ! Alors pourquoi pas une géopolitique du rap ? C’est ce qu’a fait Barbara LOYER dans l’article « Langue et nation en France » paru en 2007 dans Hérodote.
Seulement voilà Barbara LOYER est une spécialiste… du Pays Basque ! Et l’article rapproche les identités régionales au rap français.
L’auteur reprend le lien entre la langue française et la nation française. Et il est aisé de comprendre le cheminement de l’article quand aux particularismes régionaux.
Là où la tâche est plus rude, c’est quand au rapprochement avec le rap français. Elle appuie sa démonstration sur la figure de la victime qui serait commune aux deux mouvements. L’Etat est oppresseur, il doit réparation et notre mouvement apparaît comme une sorte de résistance.
La comparaison entre identités régionales et rap français est osée mais aussi dérangeante puisque l’identité régionale se fonde sur une langue autre que française tandis que le rap s’appuie sur la langue française, l’auteur le souligne elle-même. Le rap vaudrait à lui seul un article de géopolitique ! En réalité, cet article manque de connaissances sur le mouvement du rap français et c’est en cela que la démonstration ne peut aboutir.
Le rap français est un mouvement musical porté par des acteurs. On pourrait, dès à présent, réaliser un historique du rap. Plusieurs générations se succèdent et la scène française comporte des personnes de plus de quarante ans et des nouveaux venus de quatorze ans. Mais entre ces générations, d’autres trouvent leur place. Le rap est fortement dominé par le monde masculin mais là encore ce n’est pas exclusif et Diam’s est, forte heureusement, pas la seule artiste féminine. Tous les rappeurs n’ont pas vécu en banlieue. Il est curieux de surprendre des gens en disant cela. Et l’écoute du rap n’est pas réservée aux « banlieusards ». Et tout habitant d’une cité n’écoute pas spécifiquement du rap. « Certains ont fait des études »… Le souci est, je pense, une ignorance plutôt qu’un affront ou une provocation.
Dans un mouvement de peinture, on décèle une évolution, une progression. Dans le rap, les choses sont de même et chaque texte doit se resituer dans son contexte. Certains évènements dont évidemment les troubles de novembre 2005 ainsi que l’élection de Sarkozy ont marqué les textes et entraîné des réactions et des réflexions. Les textes d’un même rappeur peuvent se contredire le temps de 2 ans de carrière. Tout n’est pas comparable !
Le rap français a ses grands noms dont on ne peut faire l’impasse. Il est traversé par de grandes tendances : Marseille, Paris. Le slam s’apparente aux belles lettres du rap, a-t-il entraîné une réflexion du monde du hip hop sur la qualité ? Les problématiques géopolitiques autour du rap pourraient être intéressantes mais demandent une structuration du propos.
On ne peut prétendre à une géopolitique du rap sans un minimum de connaissances préalables. L’article de B LOYER donne de nombreuses pistes de réflexion notamment sur la construction de la « banlieue » par le rap. La banlieue est le territoire par excellence des acteurs précédemment esquissés.
Et oui la géographie s’intéresse à tout… même à nos passions.
15:20 Publié dans Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géopolitique, rap, hip hop, rap français, français, hérodote, blabla de fille









