mardi, 26 août 2008

Découvre la Suède avec Petit Poucet

watch_out____by_monislawa.jpgCher Tony,
Je quitte le pays et poursuit ma licence en Suède. Malheureusement pour moi, la BU n’est pas très riche sur la géographie de ce pays. Après la Géographie Universelle, il faut bien reconnaître que j’étais limitée. Cependant non découragée, j’ai fait une petite trouvaille à la médiathèque : « Le fabuleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède » de Selma Lagerlöf.
Cet ouvrage illustré de 614 pages a été commandé à Selma Lagerlöf, prix Nobel de la littérature en 1909, par le ministère de l’éducation nationale suédois afin que les petits Suédois apprennent quelques notions de géographie de leur pays au début du XXe s. Il est effectivement dans le même esprit que le livre Le Tour de la France par deux enfants de Augustine Fouillée. Je ne me permettrai pas de comparer dans la mesure où je n’ai pas lu cet ouvrage. Mais parlons plutôt des aventures de Petit Poucet.
Petit Poucet est en réalité Nils Holgersson, un garnement de 14 ans, réduit en tomte, un représentant du petit peuple. Martin Jars, un grand jars blanc domestique de la ferme veut prouver aux prétentieuses oies sauvages qu’il peut entreprendre le voyage vers la Laponie. Par quelques circonstances que je vous laisse découvrir, Martin Jars et Petit Poucet vont intégrer le vol d’Akka de Kebnekaïse et vivre maintes péripéties.
La Suède, il y a encore un an, m’évoquait le pays d’Ikéa, Volvo, HM… Des paysages de forêts, du froid, de lacs parsemés de trois villes Stockholm, Göteborg et Malmö. Un pays de blondinets aux yeux bleus… C’était aussi un des pays européens investissant le plus dans l’Union Européenne, sans oublier la social-démocratie. Mais un pays, déjà fascinant malgré tous mes stéréotypes. Avec ce roman, la Suède restée un espace uniforme se différencie en provinces historiques, en différents terroirs, en des forêts aux espèces distinctes, des reliefs particuliers de l’ouest à l’est. Je sens que je ne suis pas très compréhensive ! Prenons un Américain ou un Chinois : il s’imagine sûrement la France comme une masse uniforme et pourtant tu sais que les paysages bretons de bocage, l’élevage du Pays Basque, le jardin du Comtat Venaissin, la Provence ou encore notre capitale, les villes du Nord ou nos littoraux atlantiques et méditerranéens… tous ceux-ci sont variés. Voilà, l’impression première de ce livre. Et puis le rythme est soutenu, l’auteur ne nous laisse pas nous noyer sous des descriptions. Il y a le voyage en lui même, les légendes que racontent des animaux ou des humains et de nombreux rebondissements !
D’un point de vue géographique, l’arbre est souvent utilisé en référant pour montrer les différences climatiques. Les occupations humaines traduisent les diversités du sol, du relief. Peu de villes sont décrites, mis à part Stockholm, cependant de nombreux monuments sont présentés. Les légendes et nombreuses histoires qui ponctuent la narration sont autant de moyens mnémotechniques pour apprendre le relief, les caractéristiques d’un lieu. En ce sens, la description du Blekinge m’a le plus marquée. Le Blekinge, c’est une toute petite région du sud de la Suède. Elle est décrite comme un escalier de géants. Les légendes content souvent des histoires de géant. Et donc, c’est un escalier de trois marches par lesquelles notre géant va à la pêche. Mon très cher, la traduction géographique de ces trois marches est un ensemble de failles. La végétation est très différente sur ces marches : sur la première marche, la plus au sud, le vent puissant a altéré le sol des moraines et puis ce même vent apporte du sel donc espèces halophiles et xérophiles, sur des sols pauvres ainsi qu’un port en drapeau pour les premiers cordons puis de petits arbres ; la seconde marche est celle de la transition, c’est sur celle-ci qu’il y a le plus d’espèces, le sol est plus riche et les arbres ne souffrent pas du vent, ils peuvent donc atteindre leur taille maximale ; et la dernière marche est celle où les glaciers sont restés le plus longtemps, le sol est très riche et parsemé de nombreux lacs, c’est un espace moutonné où la forêt prend ses aises sur les collines. Sur ces vieux jours, le géant se déplaçait fort mal, ce qui l’embêtait car il aimait le poisson. Un jour, de colère, il jeta d’énormes blocs de pierre si loin qu’aujourd’hui, de nombreux îlots et îles parsèment la côte du Blekinge. Effrayés par ces jets de pierre, les saumons remontèrent les rivières le long des trois marches (traduction géographique : fjords) !
C’est donc un excellent support pour appréhender ce pays que je rejoins autant que les quelques articles trouvés dans un ou deux livres et la série de conférence durant la quinzaine Cap au nord organisée à Nantes cette hiver.

dimanche, 20 juillet 2008

Mais c'est qui ces "60" ?

Vistor_by_BoomBoomBa.jpg

Cher Tony,

Au cas où tu l’ignorais, le jeu des départements le jour du départ en vacances, c’est bientôt fini. D’accord ce n’est pas dramatique ! Mais il me fallait auparavant mener ma petite enquête.
Tout est parti d’une simple observation : on croise de nombreuses voitures immatriculées 60 à l’extérieur de leur départements d’origine et que ce soit par chez toi, tout là bas dans le sud ou par chez moi tout là bas à l’ouest.
Donc puisque nous apprenons nos départements et nos régions en seconde année de licence de géographie, je peux t’informer que le « 60 » correspond au département de l’Oise, chef lieu Beauvais, le tout appartenant à la région administrative Picardie au nord de Paris.
Premièrement : vérifier que notre constatation est vraie. En sciences humaines, lorsque l’on veut prouver quelque chose, on utilise la science, la vraie. Pour les statistiques, il nous faut des sources donc des chiffres. Et les ennuis commencent…
Les chiffres concernant la population sont issus du recensement de 2006. Pour ce qui est des voitures, je me suis efforcée d’obtenir des chiffres officiels seulement les informations données sont le nombre d’immatriculation données pour une année. Mais j’ai déniché un document sur le parce voitures de moins de 15 ans en 2004 par département.

Oise.jpg 
 J’ai voulu savoir si la proportion de voitures par rapport à la population en âge d’avoir le permis dans l’Oise était significativement différente de cette même proportion à l’échelle de la France.
J’ai donc un échantillon E - l’Oise - de n - nombre de personnes en âge d’avoir le permis –individus pour lequel on constate une proportion p – nombre de voiture par rapport en âge d’avoir le permis-.
On cherche à savoir si cette proportion p est compatible à π0 d’une population P.
Soit π, la proportion de la population dont est issu l’échantillon.
H0 : π = π0
H1 : π ≠ π0
CONDITIONS D’UTILISATION :
nπ0 ≥ 5
n(1-π0) ≥ 5
n = 570 507
p = 75,232 %
π0 = 68,357 %
Allez, un peu de calcul. Tu n’as pas tout oublié aux mathématiques.
nπ0 = 389 981,47
n(1-π0) = 180 525,53
Donc conditions réunies, t’inquiète, j’en aurai trouvé un autre.
On calcule un paramètre U que l’on va comparer avec la valeur critique définie par α, dans la table normée centrée réduite.
Si lUl> valeur critique, alors on rejette H0 et on conclut avec H1.
U = (p-π0) / √ [π0 (1 – π0) / n]
U = 111,654
On est sur un test binomial, puisque la proportion de l’Oise peut autant se situer à droite qu’à gauche de la valeur pour la France sur la courbe gaussienne. Avec un risque de 5% d’erreur, c'est à dire 2,5 à gauche et 2,5 à droite, la valeur de α = 1,96
lUl> α
donc la proportion de voitures par rapport aux personnes en âge d’avoir le permis dans l’Oise diffère significativement de la proportion française. H1 acceptée.
Très bien, mais pourquoi me diras-tu. J’ai continué mon étude. J’ai cherché à savoir si un paramètre donné pouvait expliquer cette différence. Donc Corrélation/Régression, ce mot fait toujours aussi peur ! Le mot barbare – régression – est l’équivalent statistique du mot barbare – fonction – des mathématiques. En français, tu voudrais savoir si le prix de la carte grise pourrait influencer la proportion de voitures par rapport aux personnes en âge d’avoir leur permis. Et puis, tu peux chercher d’autres raisons : la richesse de la population, la densité, le nombre de villes etc. On est fainéant comme tout matheux qui se respecte donc on fait juste les dessins.

taux selon densité de population.jpg
taux selon le prix du cheval administratif.jpg
taux selon PIB par habitant en €.jpg
tx selon proportion de communes de moins 2000 hab.jpg 
 Et là, problème, il n’y a pas de corrélation. Tu peux faire le test, si ça t’amuses, ou laisser Excel le faire. Mais rien, tu ne te décourages pas. La valeur de Paris, tu l’as remarquée, est souvent « loin des autres ». Et puis après tout, Paris c’est une commune et un département à la fois donc c’est de la triche. Et puis c’est une grande ville où beaucoup de Français vivent. Enfin bref, elle biaise le test. Allez hop, à dégager.

sans paris.jpg 
Ah oui mais ce n’est pas mieux.
Désolée, je cale. Ce n’est pas une bonne chute ? Bon, bah… euh… je brode.
Premier problème : les sources. Petit souci dans un calcul, dans le recensement, je peux avoir les moins de 20 ans mais pas les moins de 18 ans donc ma population en âge d’avoir le permis n’est pas correcte. Ensuite le nombre de voitures immatriculées dans un département, il se base sur quinze années. Et puis, cette constatation, elle est récente donc est-elle présente dans les chiffres et est-elle suffisamment visible.
Et après, tu réfléchis. Tu demandes gentiment à quelqu’un sortant d’une voiture « 60 » s’il est de Beauvais. Cette impression d’envahissement des « 60 » vient des voitures de location. Les statistiques ne font pas tout ! Donc on est d’accord que c’est sûrement un problème économique. Le prix d’un cheval administratif est en effet le plus faible dans la région Corse et dans la région Picardie. Mais la Somme ne t’as pourtant pas fait cet effet < c’est le 80 >. La Corse est disqualifiée puisque l’insularité pourrait avoir quelque chose là dedans. Je suis géographe, j’aime l’histoire, après tout peut-être que les entreprises de location de voiture sont implantées dans ce coin là < un peu comme la VPC du Nord-Pas de Calais >. Pas de bol, tous les sièges sociaux sont en Ile de France.
Donc je sèche vraiment et je suis ouverte à toutes suggestions. Le prix de la carte grise y est sûrement pour quelque chose. Mais pour obtenir une carte grise, tu dois avoir une adresse fixe dans le département où tu en fais la demande. Donc on ne va pas tous acheter une résidence secondaire dans l’Oise pour obtenir un tarif préférentiel. Et en règle générale, tu demandes la carte grise à la préfecture de ton département. Donc il y a peut-être une corrélation mais uniquement sur les valeurs de « trop » : les voitures n’appartenant pas à une personne de l’Oise. Ce qui expliquerait pourquoi on ne voit pas cette corrélation. Mais cela n’explique en aucun cas pourquoi l’Oise et pas l’Aisne et la Somme ?
C’est bien comme sujet de géographie régionale ? Mieux que la bouffe et les équipes de foot et de rugby ? Si, si. J’ai utilisé l’outil statistique, j’ai fait mon enquête de terrain (interrogation de mon voisin du « 60 » mais un vrai ! qui vient en vacances dans mon coin) et puis j’ai appris des choses sur l’Oise, les entreprises de location de voitures…

jeudi, 05 juin 2008

Les dunes en vrai...

paysage les moutiers1.JPG

 

Cher Tony,
Paysage de rêve… aux Moutiers en Retz, on se contente de ce que l’on a ! Cette année la biogéographie était au programme. Et en TD, nous nous sommes attachés aux dunes du littoral français. Serait-ce le dynamisme de Madame Debaine ou le caractère exceptionnel de notre promo < ! > toujours est-t-il que rares sont ceux qui n’ont pas pris le temps de se déplacer sur les dunes afin d’observer « en vrai » ces charmants quarante-et-un noms latins de plantes. Les Moutiers en Retz sont une commune du littoral atlantique située au fond de la Baie de Bourgneuf qui autrefois a vécu ses heures de gloire. Les dunes, il faut quelque peu les chercher. En effet, elles sont extrêmement dégradées. La géographie physique de la Baie autorise à s’interroger sur la part respective des évolutions naturelles et des impacts de l’aménagement. Sans aucun doute, le trait de côte a fortement varié et les mutations de la saliculture en Baie de Bourgneuf en sont l’illustration. Mais les Moutiers en Retz, sans ressembler à la Baule Escoublac subissent, à partir du milieu du XIXe s, une artificialisation anarchique de la côte. La dune est un espace mouvant et dangereux. Les aménagements doivent protéger les hommes de ce « fléau ». On retrouve même sur un cadastre la toponymie de polder. Les dunes sont également perturbées par l’apport de plantes exotiques et parfois envahissantes des propriétés. L’entretien actuel de ces espaces fragiles n’est guère rassurant. La pollution anthropique se multiplie. La protection des dunes est une fonction que plusieurs acteurs se partagent ce qui rend difficile un travail de diagnostic et d’action concertés. Alors la dune n’est pas tout à fait semblable au descriptif qui nous en est fait à l’entrée d’un chemin :

présentation.JPG
Mais ressemble plutôt à ceci :
profil dune1.JPG 
profil dune4.JPG
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Cependant les dunes des Moutiers en Retz présentent une richesse floristique. Afin de relever les espèces, je me suis rendu deux fois sur le terrain (le 22 avril et le 25 mai) ainsi la reconnaissance fut facilitée par la floraison. Au début, j’ai été un peu déçue : sur les 41 noms latins peu correspondaient à mes plantes mais après quelques recherches et des aides précieuses, nous en avons trouvé bien d’autres. Et si vous êtes motivés, il en reste quelques unes à identifier !
dune.jpg
Aetheorhiza bulbosa.jpg
Ammophila arenaria.jpg
Anagallis arvensis.jpg
Atriplex halimus.jpg
Beta maritima.jpg
Calystegia soldanella.jpg
Carex arenaria.jpg
Corynephorus canescens.jpg
Cupressus macrocarpa.jpg
Echium vulgare.jpg
Echium vulgarebis.jpg 
Erica scoparia.jpg
Erodium cicutarium.jpg 
Euphorbia paralias.jpg
Fragaria vesca.jpg
Glaucium flavium.jpg
Hypericium humifusum.jpg
Lagurus ovatus.jpg
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Malva sylvestris.jpg
Matthiola sinuata.jpg
Orchis pyramidalis.jpg 
 Pinus pinaster.jpg
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 Rumex acetosella.jpg
Sedum acre.jpg
Senecio vulgaris ssp denticulatus.jpg
Silene alba.jpg
Tamarix gallica.jpg
Ulex europaeus.jpg
Xanthium strumarium.jpg
Yucca gloriosa.jpg
Petit bonus de quelques animaux visibles ou non. La biogéographie, c’est l’étude des être-vivants !
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passage des lapins.JPG
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Petit Suisse : Difficultés techniques dans l’élaboration de la carte. J’ai utilisé, comme pour l’exercice en cours, une photo de la base de données © Ortho Littorale 2000, IGN. Sauf qu’en voulant la numériser sur Map Info, la photo se transformait. Alors je l’ai travaillé sur CS3 < version d’essai durant 30 jours > avec un outil que je ne connaissais pas : vectorisation dynamique. Seulement les polygones ont une forme très arrondie ce qui n’est pas très réaliste. Donc la carte n’est pas super mais elle tente de replacer les fleurs dans leur contexte.

mardi, 15 avril 2008

Le fabuleux monde agricole...

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Cher Tony,

Aujourd’hui, sortie terrain ! Non, l’institut qu’est l’IGARUN n’est pas devenu subitement riche et motivé par la formation de ses étudiants. Non, pas vraiment, les profs donnent les consignes et nous allons sur le terrain.

Donc vélo <20 min, c’est raisonnable>, stylos et papier et nous voilà dans une exploitation agricole. <Don’t panic>, je n’étais pas en bottes de caoutchouc à compter des vaches en pataugeant dans une boue douteuse en tentant de comprendre et de me faire comprendre d’un agriculteur de 58 ans <j’ai déjà fait, remarque, ah, t’y crois pas>. L’agriculture, ce n’est plus ça… Mme Margetic se tue à nous prouver le contraire ! L’agriculture, c’est un monde merveilleux, jeune, beau, dynamique, respectueux de la nature… Et j’ai trouvé l’exploitation agricole selon le monde édulcoré de la licence 2 de géographie à Nantes.

Les Salines de Millac se situent dans la Baie de Bourgneuf, en France. C’est une Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée (EARL) de 11 ha qui fait vivre deux cogérants passionnés. La production, c’est du sel. Le sel est un produit particulier dans la mesure où il n’est ni végétal ni animal, c’est un produit minier et non reconnu en tant que produit alimentaire pendant un certain temps. La production se fait sur la terre mais nécessite également la mer. Revenons à notre exploitation, il n’y a aucuns bâtiments. Nous sommes sur une zone Natura 2000 et la construction est interdite. Pourtant, l’exploitation marque le paysage. Les trois marais salants de l’exploitation se démarquent du marais alentour puisque c’est une zone entretenue par l’homme.

L’exploitation est jeune (6 ans) et est une création. Les exploitants sont jeunes et ont un parcours atypiques dont les influences sur leur travail d’aujourd’hui est marquée : écologie, marketing, sommelier… C’est peut-être aussi ces expériences dans le monde du travail autre qu’agricole qui leur donne deux atouts majeurs : la diversification et l’innovation. Pourquoi se diversifier quand on ne parle que de spécialisation ? Se diversifier permet de rebondir. L’innovation, c’est un des gros mots de l’économie mondiale. L’agriculture est un secteur de l’économie mondiale, ce n’est pas un monde à part qui pourrait se passer des dernières modes.  

samedi, 05 avril 2008

Les rapports sino-américains

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Cher Tony,

Suite à mon exposé d’hier sur les rapports sino-américains, je me propose <puisque je suis débordée> de te donner quelques éléments de réflexion à ce sujet. 

Je travaillais à partir du texte « Les rapports sino-américains Passé, présent, futur » écrit par le Général Henri EYRAUD. C’est un article de 2003 paru dans la revue de géopolitique Hérodote.

Les rapports sino-américains sont décrits dans ce texte sous l’angle des relations internationales, la difficulté résidait donc dans une retranscription sur le mode géopolitique. J’ai axé mon exposé sur les raisons du dialogue conflictuel entre les Etats-Unis et la Chine en travaillant la notion de puissance.

La puissance, c’est un terme des relations internationales. En effet, de prime abord, la notion de puissance paraît au dessus du territoire. Pourtant, historiquement, un des attributs de la puissance réside dans la géographie des Etats. Les attributs de la puissance évoluent. Aujourd’hui la taille du territoire est moins importante que la puissance économique. Cependant la puissance militaire est toujours prépondérante. En réalité NYE distingue le hard power du soft power. Le hard power correspond à des attributs classiques : géographie, démographie, économie. Tandis que le soft power regroupe les médias, les manifestations mondiales, la diffusion d’un genre de vie ou la capacité à modifier l’agenda international. La frontière entre les deux est parfois un peu floue comme dans de nombreux concepts. Par exemple, la population prise seule peut être considérer comme un handicap mais en mêlant population nombreuse à un haut revenu et à une qualification importante, on change quelque peu la donne.

Pourquoi les relations sino-américaines s’apparentent-elles à un rapport de force ? Parce que nous sommes en présence de deux puissances. Les Etats-Unis sont l’hyperpuissance depuis la fin de la guerre froide. Son aire d’influence est le monde dans son ensemble. La Chine a réalisé une formidable croissance économique. De plus, la Chine reste un Etat non démocratique avec lequel il faut composer. La Chine souhaite faire cesser l’ingérence américaine dans ce qu’elle considère comme sa zone d’influence : Taïwan, le Tibet, les îles Spratleys ou le Xinjiang.