dimanche, 09 mars 2008

Bref topo sur le Cachemire

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Cher Tony,

Le Cachemire, c’est un territoire himalayen que se disputent trois puissances asiatiques. Et le Cachemire est malheureusement un exercice récurrent de la géopolitique.

Le Cachemire, c’est une région montagneuse enclavée. C’est le château d’eau du sous-continent indien. Contrôler la région est un moyen de pression sur les Etats d’aval que sont l’Inde et le Pakistan. Et plus l’Etat est dépendant de cette ressource, plus sa volonté de contrôler cette ressource est forte : le Pakistan. Au Cachemire, la religion majoritaire est l’Islam. Il n’y a pas de guerres de religion. Cette région voit s’affronter deux Etats aux conceptions différentes et contradictoires : l’Inde et le Pakistan. Historiquement, l’Inde et le Pakistan formaient un seul Etat. La partition est largement fondée sur l’appartenance religieuse. Nonobstant, l’Inde se veut un Etat séculariste, les Indiens ont une religion officielle mais sont tolérants envers les autres tandis que le Pakistan est un Etat fondé sur la religion musulmane. Le sécularisme est une notion particulière qui est difficile à appréhender avec la culture française particulière autour de la laïcité. La Chine , le troisième acteur, voit en cette région un espace stratégique qu’elle doit contrôler afin de maîtriser deux « points sensibles » de son territoire : le Xinjiang et le Tibet.

Ces trois puissances possèdent l’arme nucléaire, on ne peut donc parler de conflit mineur.

A cette géopolitique, il ne manque que les Cachemiris.

samedi, 09 février 2008

Le rap en géopolitique

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Cher Tony,

La géopolitique est une approche qui s’adapte à tous les sujets. En géopolitique, on ne s’interdit rien ! Alors pourquoi pas une géopolitique du rap ? C’est ce qu’a fait Barbara LOYER dans l’article « Langue et nation en France » paru en 2007 dans Hérodote.

Seulement voilà Barbara LOYER est une spécialiste… du Pays Basque ! Et l’article rapproche les identités régionales au rap français.

L’auteur reprend le lien entre la langue française et la nation française. Et il est aisé de comprendre le cheminement de l’article quand aux particularismes régionaux.

Là où la tâche est plus rude, c’est quand au rapprochement avec le rap français. Elle appuie sa démonstration sur la figure de la victime qui serait commune aux deux mouvements. L’Etat est oppresseur, il doit réparation et notre mouvement apparaît comme une sorte de résistance.

La comparaison entre identités régionales et rap français est osée mais aussi dérangeante puisque l’identité régionale se fonde sur une langue autre que française tandis que le rap s’appuie sur la langue française, l’auteur le souligne elle-même. Le rap vaudrait à lui seul un article de géopolitique ! En réalité, cet article manque de connaissances sur le mouvement du rap français et c’est en cela que la démonstration ne peut aboutir.

Le rap français est un mouvement musical porté par des acteurs. On pourrait, dès à présent, réaliser un historique du rap. Plusieurs générations se succèdent et la scène française comporte des personnes de plus de quarante ans et des nouveaux venus de quatorze ans. Mais entre ces générations, d’autres trouvent leur place. Le rap est fortement dominé par le monde masculin mais là encore ce n’est pas exclusif et Diam’s est, forte heureusement, pas la seule artiste féminine. Tous les rappeurs n’ont pas vécu en banlieue. Il est curieux de surprendre des gens en disant cela. Et l’écoute du rap n’est pas réservée aux « banlieusards ». Et tout habitant d’une cité n’écoute pas spécifiquement du rap. « Certains ont fait des études »… Le souci est, je pense, une ignorance plutôt qu’un affront ou une provocation.

Dans un mouvement de peinture, on décèle une évolution, une progression. Dans le rap, les choses sont de même et chaque texte doit se resituer dans son contexte. Certains évènements dont évidemment les troubles de novembre 2005 ainsi que l’élection de Sarkozy ont marqué les textes et entraîné des réactions et des réflexions. Les textes d’un même rappeur peuvent se contredire le temps de 2 ans de carrière. Tout n’est pas comparable !

Le rap français a ses grands noms dont on ne peut faire l’impasse. Il est traversé par de grandes tendances : Marseille, Paris. Le slam s’apparente aux belles lettres du rap, a-t-il entraîné une réflexion du monde du hip hop sur la qualité ? Les problématiques géopolitiques autour du rap pourraient être intéressantes mais demandent une structuration du propos.

On ne peut prétendre à une géopolitique du rap sans un minimum de connaissances préalables. L’article de B LOYER donne de nombreuses pistes de réflexion notamment sur la construction de la « banlieue » par le rap. La banlieue est le territoire par excellence des acteurs précédemment esquissés.

Et oui la géographie s’intéresse à tout… même à nos passions.

mardi, 15 janvier 2008

Paysan et oublié...

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Cher Tony,

Les princes enfourchent leurs montures et vont combattre les FARC. Et s’ils ne réglaient pas le problème. Oh oui, il y a des libérations… Le « I have a dream » de M Sarkozy ne s’est pas tout à fait déroulé comme il le souhaitait. Mais c’est sûrement une question de temps. Pourtant le problème demeurera, par conséquent on sera face à d’autres difficultés, peut-être pas des otages mais nous pouvons faire confiance aux FARC, ils trouveront.

Le problème de la répartition des terres est récurrent en Amérique Latine. Pourtant ce continent est peu peuplé (d=21,36). Le poids de la colonisation y est très manifeste. La structure agraire est caractérisée par la très grande propriété souvent sous exploitée = latifundia en face de laquelle on retrouve la petite propriété = microfundium sans parler du grave problème des paysans sans terre (voir la technique du grillon dans « Voyage aux pays du coton » de E ORSENNA p. 105). Premier problème que la décolonisation n’a pas su résoudre. Elle l’aurait même peut-être empiré. Et puis aujourd’hui l’Amérique Latine est un continent urbain alors la réforme agraire s’évanouit petit à petit de programmes politiques. Ainsi en 1992, au Mexique, les plafonds imposés pour limiter la taille des exploitations sont enlevés comme toute référence à la réforme agraire dans la constitution.

Second problème, vendre les produits agricoles. Cela semble très faisable. Seulement voilà, ce sont les pays riches qui ont fixé les règles du jeu et comble, ils trichent. < C’est ballot >

Soit en additionnant, je suis un paysan en possession d’un petit lopin de terre, je produis peu, je vends, seulement pour que ma marchandise s’écoule je dois rester compétitif donc accepter des prix dérisoires. Mais je ne reçois pas la moitié de mon salaire en aides multiples et variées… Alors voilà, un jour, on me propose de cultiver des plantes pas très légales, je le sais pertinemment mais qui se vendent très chères dans les pays développés. Je ne fais rarement des folies de cet argent, je n’en suis pas très fier. D’ailleurs lorsqu’on me propose un plan de reconversion, j’y perds mais j’accepte le plus souvent. Cet argent il me permet de vivre, de faire vivre ma famille, éventuellement envoyer à l’école mes enfants, permettre à ma femme de consulter un médecin lors d’une grossesse, un véritable luxe. Les paysans cultivant cette drogue, que nous pays riches consommons < rappelons-le > ne le font pas spécialement de bon cœur, ils survivent.

Et puis les grands de ce monde décident d’éradiquer le problème à la source : stériliser les terres servant à la culture de la coca. Oh Monsanto s’en félicite ! On détruit cultures illégales comme légales (de la banane, des ananas…), on empoisonne même des fœtus. Et le tour est joué… Face à ses actes, les paysans sont désemparés, la colère est vite instrumentalisée par des êtres sans scrupules. Et il est alors facile d’enrôler des hommes dans des guérillas armées.

Assumer les vrais problèmes de son pays : consommation de drogue par la moitié des jeunes générations ou permettre à des paysans d’obtenir une terre et d’en vivre… programme ambitieux de long terme à l’heure où les dirigeants recherchent des satisfactions personnelles beaucoup moins idéalistes et surtout dans les plus brefs délais. Les paysans ne sont pas la priorité, tout simplement. Mais il faut aussi replacer l’actualité dans son véritable contexte.

samedi, 08 décembre 2007

Voyage sur un atoll

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Cher Tony,

Envie de soleil, je ne vois vraiment pas pourquoi… Ce serait abusé, on sort tout juste d’un mois de « vacances ». Non du tout mais bon, s’imaginer sur une plage de sable blanc, à 28°C sous les cocotiers ! Pourquoi pas ? Ca fait tout de même un peu cliché.

Les atolls. Tu croyais qu’on ne pouvait pas faire de géographie en rêvant !

La photo est en rapport avec l’article. Les atolls intriguent depuis longtemps, Darwin avait formulé une hypothèse assez intéressante à ce sujet. Et puis, les techniques se sont développées alors on a sondé ces petites îles curieuses, des théories scientifiques sont arrivées jusqu’aux oreilles de géomorphologues.

Les coraux sont des êtres vivants, ils sont un peu difficiles. Entre autre, ils exigent une eau supérieure à 18°C avec une amplitude thermique inférieure à 3°C. Ils ne tolèrent pas les taux de salinité inférieur à 270/00. Ils n’aiment pas être dérangés et donc ne supportent pas les troubles. Et ils peuvent se développer à des profondeurs de l’ordre de dizaines de mètre. Et comme tous les animaux, ils doivent se nourrir, en l’occurrence d’algues (O2) qui pour respirer ont besoin de la lumière (donc faible profondeur, peu troubles, eaux non chargées…). Toutes ces petits êtres forment une biocénose qui suppose un milieu : le biotope. Ce qui forme des récifs coralliens, c’est une construction biologique constituée de squelettes calcaires et de leurs débris sécrétés et cimentés par les organismes marins vivant en colonie.

Ce n’est pas uniquement dans les atolls que l’on découvre des récifs coralliens.

Pour comprendre les atolls, il faut raconter leur histoire. Elle se déroule sur des millions d’années… La Terre est un puzzle de plaques, c’est aux contacts entre celles-ci que les forces internes se dissipent mais pas seulement. Les points chauds ne fonctionnent pas sur les frontières des plaques. Le point chaud est un chalumeau en dessous d’une fine croûte mais il n’est pas immobile. Cependant sa vitesse n’est pas non plus constante alors en certains endroits de la croûte terrestre océanique, le point chaud en s’éternisant un peu l’a percée et la lave a continué de sortir ce qui a construit un édifice volcanique. Stade Hawaï ! Ce type de volcan est très plan, c’est un cône très aplati. Alors tant que le volcan est alimenté, il croît, il émerge. Comme il est très large, autour de la nouvelle île, il n’y a pas de précipice au-delà de la côte, au contraire on s’avance avec une pente très faible vers les profondeurs. On imagine ensuite que les conditions sont idéales à la formation d’un récif corallien et tout autour de notre volcan, une couronne va se former, se développer… Seulement notre point chaud est toujours mouvant, l’apport magmatique va cesser. L’érosion qui était déjà présente va marquer plus nettement les formes structurales. Pourquoi l’érosion va s’appliquer différemment sur le récif corallien et sur le volcan, c’est ce que l’on appelle l’érosion différentielle. On ajoute aussi un peu de subsidence < mot barbare de la géomorphologie > c’est lourd donc ça coule < je promets de mieux le formuler dans ma copie > alors l’édifice volcanique va s’enfoncer. Résultat, ne va subsister qu’un anneau entourant une lagune. Ce stade qui fait les belles cartes postales ne va pas rester immobile durant un temps infini, l’histoire géologique continue. D’autres mouvements plus rapides peuvent intervenir comme les régressions et transgressions du niveau marin.

Et puis les atolls n’ont pas toujours des formes circulaires. Cela est du aux petites natures que sont ces organismes vivants à l’origine des récifs coralliens. En effet, ils sont aussi très sensibles aux vents. La forme de fer à cheval est assez remarquable que ce soit dans les zones balayées par les alizés ou de sens opposé ceux disposés dans la Zone de Convergence Inter Tropicale et frappés par les moussons. Le vent n’agit pas seulement au stade de l’érosion, il ne peut qu’imprimer quelques retouches mais dans la formation même du récif.

Avec tout ça, se prélasser sur une belle plage de sable fin des Maldives (forme de faros), ce n’est plus tellement du cliché. C’est l’étude de terrain des Madréporaires groupés en colonies de Polypes.

Sur la photo < non, elle ne provient pas d’une sortie terrain > nous contemplons un atoll pélagique. C’est un récif anormalement perché au dessus de la mer. Il s’agit de l’île de Bikini du côté des îles d’Hawaï au milieu de l’Océan Pacifique.

 

samedi, 17 novembre 2007

Super Woman, la Française

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Cher Tony,

Non ce n’est pas du chauvinisme plutôt un de mes sujets dada. On s’imagine facilement que l’ouverture du marché du travail à la femme entraîne une diminution de la fécondité. C ’est vrai dans un premier temps mais actuellement en UE, c’est faux. Et la Française détient un des plus importants taux de fécondité < juste derrière l’Irlande > tout en conservant un taux d’activité des plus élevés. « Mais toi la super-Française, quel est ton secret ? » titrait en août 2005 un article du Courrier Internationnal. C’est important de reconnaître ses points forts ! Rien avoir avec des supers femmes… Comparons plutôt avec nos voisines.

Imagine-toi en Allemagne, tu viens de mettre au monde un enfant mais ce n’est pour autant que tu abandonnes ton emploi, ta carrière. Tu décides donc de faire garder ton enfant. Pour des raisons historiques, il existe peu de crèches en Allemagne, on a une certaine réticence à laisser ses enfants dans des dtructures collectives. Alors tu as recours à une nourrice que tu vas payer à plein temps jusqu’à l’âge des trois ans de ton enfant. A ce moment là, il t’est permis de l’inscrire à l’école qui est payante de trois à six ans. Puis à six ans, ton enfant va à l’école gratuite mais il n’a pas cours l’après midi, temps durant lequel toi tu travailles donc nouveaux frais pour des activités, des accueils périscolaires… Résultat des comptes, en Allemagne, on se retrouve devant un choix entre le travail et l’enfant.

Dans les pays du sud de l’Europe, le problème est un peu différent. Ces pays ont connu des dictatures de type fasciste qui ont développé des politiques pro natalistes. Alors la moindre mesure rappelant de près ou de loin ce genre de pratique politique se traduit par quelques mécontentements de l’opinion publique. Les Espagnoles et les Italiennes sont alors confrontées à ce même choix : le travail ou la maternité.

Et nous Française, on paye à peu près 350 à 400 € par mois la garde de son enfant par assistance maternelle au lieu de 1000 €. Et l’école est gratuite dès les trois ans. En réalité, là où la politique familiale encourage l’association travail et la vie familiale, on observe un maintien du taux d’activité et un maintien du taux de fécondité.

Tant de compliments va nous faire rougir… Nous sommes aussi des plus mauvaises élèves dans la participation aux décisions que ce soit dans l’entreprise ou dans la vie politique. Alors l’Irlandaise, meilleure que nous ?