dimanche, 04 novembre 2007

Le sacré développement !

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Cher Tony,

Inégalités et contrastes de développement dans les pays du « Sud »

Tout un programme, c’est mon sujet de dissertation à rendre mercredi avec maximum une copie double et une introduction et une conclusion ne dépassant pas vingt lignes. J’adore évidemment. Il y a des livres de plus de trois cents pages sur ce sujet. Comment j’articule toutes les notions importantes d’un sujet si vaste.

Non c’est vraiment pas cool… Mais bon comme si j’avais mon mot à dire. Alors on ne rechigne pas au travail. Avant goût avec l’introduction à laquelle il manque une accroche sympathique mais qui fait déjà plus de vingt ligne !

 

Le développement est une notion récente née dans un contexte particulier. C’est celui de la Guerre Froide et de la décolonisation. Le point quatre du discours du président des Etats-Unis Truman en 1949 éclaire l’opinion publique quant à l’état de sous-développement « nourriture insatisfaisante […] victimes de maladies […] vie économique est primitive et stationnaire », « Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. ». Le développement doit permettre aux « peuples libres du monde […] (de) produire, par leurs propres efforts, plus de nourriture, plus de vêtement, plus de matériaux de construction, plus d’énergie mécanique afin d’alléger leurs fardeaux ». Donc tous les pays évoluent et gravissent les mêmes étapes afin de devenir développés. C’est le sens de la théorie de l’économiste Rostow : à travers cinq stades, les sociétés du monde entier atteignent le stade du vieux monde européen ou des Etats-Unis. Les termes pour désigner ces pays qui devraient franchir ce processus de développement ont varié depuis une cinquantaine d’années. Celui de « Sud » répond à un souci de neutralité. Cependant ce vocabulaire limite la perspective de situations de développement très variées à travers le monde. Les contrastes du monde actuel sont-ils le reflet de vitesses de développement différentes engendrant l’observation de stades distincts amenant à plus ou moins long terme à un monde développé homogène? Ou bien ces inégalités sont issues de divergences qui ne permettraient pas un monde uniforme à long terme ? Les inégalités et contrastes de développement peuvent s’évaluer à différentes échelles géographiques. C’est au moyen d’une petite échelle que nous analyserons les situations antérieures à la seconde guerre mondiale. Nous étudierons les politiques économiques à travers une typologie simple : Pays les Moins Avancés, pays exportateurs de pétrole et les pays émergents. Enfin c’est avec une plus grande échelle que nous appréhenderons les nouvelles réalités d’une mondialisation poussée.

 

En réalité, le développement est une notion très subjective. C’est un processus qui permettrait aux pays dits sous-développés de devenir développés. Mais comment juge-t-on le développement ? Les indicateurs ? Les experts internationaux ont pu améliorer ces indicateurs ou les compléter : le Produit Intérieur Brut en Parité de Pouvoir d’Achat, l’Indicateur de Développement Humain, l’Indicateur Sexo-spécifique de Développement Humain, selon les catégories socioprofessionnelles…

Construire une typologie ? Cela s’avère très difficile, quels critères retenir ? On ne peut obtenir un travail entièrement objectif.

Les termes, depuis la cinquantaine d’année d’histoire du concept de développement, n’ont fait qu’évoluer. On cherche à limiter les connotations mais à déterminer des termes ayant un sens, une représentativité des différents états de développement observables dans le monde.

Pourquoi finalement une telle « instabilité » dans toutes ces études sur the development ? Parce que tout ça est subjectif. Comment peut-on justifier nos jugements ? Vers quoi s’avance-t-on ? Sommes nous un modèle ? Toutes ces réflexions déstabilisent depuis le début (1949) les théories du développement.

Aujourd’hui, les études sur la mondialisation < the mot de la géographie > ne manquent pas. L’internationalisation des échanges notamment commerciaux, puisque l’économie gère beaucoup de choses dans notre petit monde, accroisse les inégalités. Comment fonctionnerait le marché si le monde était totalement homogène ? Les inégalités sont nécessaires à l’économie. Alors pourquoi parler de développement là où toutes ces différences nous sont tellement utiles ? Là où l’on ne désire pas qu’elles se comblent ? Question d’éthique… Comment peut-on laisser des gens mourir de soif ou de faim dans un objectif de profit ? Dit comme ça c’est difficile. Aujourd’hui, la médecine permet de guérir de la maladie du sommeil. Mais produire un traitement pour des pays majoritairement africains qui ne sont pas solvables, non ce n’est pas possible. Alors on injecte à ses patients du cyanure qui détruit les veines, chaque jour une injection dans une veine différente. Résultat, beaucoup de souffrance pour peu de résultats et beaucoup de morts. Oui, c’est une réalité du monde d’aujourd’hui…

 

 

 

samedi, 27 octobre 2007

A l'heure du grenelle de l'environnement

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Cher Tony,

Le développement durable vise à répondre aux besoins des générations présentes sans porter atteinte à ceux des générations futures. Comment être contre ? Bah oui c’est passe partout, ça fait bien. C’est drôlement chouette le développement durable.

La notion de développement durable s’inscrit dans les démarches de conservation. On retrouve des formes de conservation dès l’Antiquité : réserve de chasse, réserve forestière… Mais la grande date est celle de 1872 et la création du premier parc national : Yellowstone aux Etats-Unis. Dans quels buts conserve-t-on ? On protège la ressource naturelle dans un but économique. Ce parc a une vocation économique chez ses législateurs, on parle de revenus touristiques. Courant XXe siècle s’ajoute à ce mouvement une entrée naturaliste. Il est indispensable pour les scientifiques d’étudier la nature in situ, compréhension des espèces au sein d’un écosystème, ce qui semble difficile à reproduire en laboratoire. Le World Wildlife Found voit le jour en 1958. Le premier parc français est créé en 1963. C’est une période où les revenus en provenance du tourisme augmentent, les politiques y prêtent alors attention. Les scientifiques ont alors de nouvelles préoccupations : faire accepter la création de vastes zones protégées dans leurs pays donc gel de terres. Pourquoi ? Parce que l’essentiel de la biodiversité se trouve dans les latitudes intertropicales.

Les premières inquiétudes pour notre planète bleue coïncident avec les premiers rapports des astronautes et les photos satellites. Les premiers partis vert voient le jour. Mais la conjoncture en décide autrement, les chocs pétroliers, les difficultés sur la scène internationale font oublier les résolutions du Club de Rome, de conférence sur l’environnement de 1972. On omet même la conférence de 1982.

Les difficultés quand au gel de terres agricoles dans les parcs nationaux des pays du Sus s’accentuent. Les réflexions des scientifiques amènent à un nouveau constat dans les années 1980 il ne peut y avoir de conservation sans développement local et inversement il n’y aura pas de développement sans conservation.

1987, c’est l’apparition du terme développement durable dans le rapport Brundtland. L’opinion publique change à la suite des accidents de Tchernobyl, Bhopal. C’est la diffusion, vulgarisation du développement durable avec notamment le sommet de la Terre à Rio en 1992.

Mais le développement durable est la manifestation d’un problème plutôt que l’esquisse d’une solution. Voilà le développement sous entend une croissance indéfinie même s’il est ralenti, on progresse à long terme. Or nous vivons dans un système fini. Il ne peut y avoir de développement durable. C’est un oxymore. Alors quelles solutions sont proposées ? On décroît de manière soutenable. C’est le mouvement de la décroissance soutenable.

Pourquoi s’attaque-t-on aujourd’hui aux changements climatiques et non à la diminution de la biodiversité ? On répond techniquement aux questions du changement climatique. De plus on gagne de l’argent, le développement durable est un formidable moteur de l’économie. Mais pour remplacer des abeilles, comment se débrouille-t-on ? Et puis la diminution de la biodiversité fait peur. Serait-on dans une crise majeure comme celle qui a causé la disparition des dinosaures ? Ce n’est pas inconcevable au regard des chiffres que nous annoncent les experts sur les disparitions d’espèces. Nous survivrons sans aucun doute à 2 ou 3°C de plus mais dans quel monde ?

La notion de développement a cependant des côtés très intéressants. En particulier celui d’avoir établi ce mot développement pour l’ensemble de la planète et non plus réduire ce terme aux pays du sud qui font si peur dans l’opinion publique.

samedi, 07 juillet 2007

La plaie des 4X4

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Cher Tony,

J’ai croisé Maman Pierre-Laurent en attendant quelque client dans ma crêperie. Elle s’est arrêtée à la charcuterie pour faire une course qui a bien durée cinq, six minutes <non je ne suis pas une mère potin mais mon radar est très sensible à Maman Pierre-Laurent> durant lesquelles le moteur tournait. Pour en ajouter, Maman Pierre-Laurent possède un 4X4. Bah oui, on habite à trois cents mètres de la mer, on doit bien être à 0 mètre d’altitude. D’accord, elle habite rue de la Source <même pas tout en haut !> je te donne trois mètres au dessus de la mer. Vu la fréquence des travaux effectués pour le tourisme, les routes sont en très bon état. Enfin bref tu me trouveras l’utilité d’avoir un engin pareil… Et pour couronner le tout, elle change souvent de voiture et ce n’est pas son premier 4X4, tant qu’à faire. Je n’ai absolument rien contre Maman Pierre-Laurent mais contre les 4X4 je partirai bien en guerre.

D’un point de vue sécurité, lors d’accidents impliquant un 4X4, les occupants du 4X4 s’en sortent relativement bien mais on ne peut pas en dire autant de canaux d’en face. Il ne faut pas beaucoup de vitesse pour qu’une collision frontale devienne mortelle en présence d’un 4X4.

Mais du point de vue de l’environnement, ce qui nous intéresse un peu plus en géographie, le 4X4 c’est une plaie. Il ne faut pas pousser, à Paris, Bordeaux ou dans ma bourgade le 4X4 n’est d’aucune utilité. Je n’en dirai pas autant de Nice lorsqu’on habite une maison en plein milieu du maquis qui est donc difficile d’accès et qui en plus crame tous les ans, ce qui est encore une connerie ! Le 4X4 pollue l’environnement. Tu me diras comme toutes les voitures, non il pollue de manière plus importante. L’environnement est à la mode, on le sort à toutes les sauces <comme la précarisation de l’an dernier> mais ce n’est pas sur les doigts des industriels et des agriculteurs qu’il y a urgence de taper, c’est sur le simple consommateur. Oui les agriculteurs polluent nos eaux avec leurs nitrates et ils devraient payer cette pollution mais les phosphates, ce n’est pas eux, ce sont nos machines à laver. Plus une ville est grande, plus son habitant rejette de déchets. Les Français sont sensibles à la question de l’environnement mais le réseau routier augmente de 60%. Il y a quand même un bug dans le système !

Les 4X4 prolifèrent, ils polluent plus l’environnement. Mais à côté de cela, on se préoccupe de notre planète : on veut que des mesures soient prises. Oui, moi je pense qu’une taxe à l’achat d’un 4X4 serait la bienvenue, c’est ça une mesure concrète de lutte contre la pollution.

samedi, 30 juin 2007

Plus de lait en Europe

099f6c2030a131c27dbb5a116f8aac0d.jpgCher Tony,

Ah tout fout le camp ! La troisième mi-temps de l’anniversaire de maman se déroulait dans une grange de ferme. Cinquante personnes venant du monde civilisé, soit à cinquante kilomètres un peu plus au nord est, tournent autour d’un couple d’agriculteurs : c’est un phénomène ! Cette ferme est spécialisée dans l’élevage laitier. Comme tout agriculteur qui se respecte, il a bien sûr fallu l’éternel refrain sur l’Europe. Donc là, les reproches se sont portées sur les subventions donnés aux agriculteurs pour mettre des terrains en jachère alors que l’on manque de lait dans l’UE.

Comme évidemment, tous les agriculteurs en ont après l’UE alors que la moitié de leur salaire provient de Bruxelles sous forme de multiples aides… honnêtement j’ai laissé courir. Il leur faut de toute manière un prétexte.

Sauf que me voilà repartie pour la saison au service dans une crêperie, et, le patron me demande de bidouiller dans la programmation de la caisse enregistreuse afin d’élever les prix à la crêperie puisque le lait augmente car on manque de lait en Europe. Sérieusement nous voilà bien si on manque de lait en Europe.

Donc le prix du lait va augmenter. On va donner des subventions pour rouvrir les terrains en jachère alors qu’il y a quelques mois on en donnait pour mettre des terrains en jachère. C’est bien la preuve que la PAC lancée en 1992 (choix de mettre les produits agricoles européens sur les mêmes bases que ceux du nouveau monde et de rembourser la différence aux agriculteurs sous forme d’aide) est totalement obsolète.

Alors pourquoi les agriculteurs en ont après l’UE ? C’est assez simple. En règle général, plus on travaille plus on gagne d’argent. C’est le même problème que les heures supplémentaires de Sarkozy. Lors d’une mise en jachère qui est obligatoire dans la mesure où pour se faire on donne des subventions et si jamais la mise en place n’est pas faite on supprime des subventions, on gèle des terrains donc on empêche les paysans de la travailler donc on leur fait gagner moins. Avec ce raisonnement, < ne me dis pas que je prends les paysans pour des cons, les 53% du 6 mai ont le même raisonnement et les agriculteurs représentent moins de 2% des actifs > déjà l’UE ça la fout mal. Second problème, c’est l’UE qui décide des tarifs, des cotas. Hypothèse : si c’était le ministère français de l’agriculture qui décidait, il ne faut pas se leurrer, nos agriculteurs en auraient après celui-ci. Et troisième problème, l’UE est de plus en plus grande et on a toujours l’impression que son voisin a plus d’aide, que les pays de l’est sont inondés d’aide. Il est vrai que la remise de subvention si elle est égalitaire, elle n’est pas équitable. Prenons par exemple un agriculteur britannique et un français, du fait même de l’histoire < pas de la leur celle avec un H >, les conditions préalables sont totalement différentes. En caricaturant au maximum, la France du XIXe siècle est paysanne, les paysans en 1789 ont demandé des terres et ils en ont obtenu. Jusqu’en 1931, les ruraux sont majoritaires en France. Conséquence : un micro parcellaire qui va être difficilement adapté à l’agriculture moderne. Tandis qu’au Royaume-Uni, les lords possèdent les terres, ce sont de grands propriétaires terriens qui sont riches et qui vont s’enrichir. Et il est vrai que pour ces deux situations qui sont différentes, les aides sont les mêmes.

Le problème des prix n’est pas restreint à Bruxelles et aux agriculteurs, c’est un défi majeur de l’humanité. Nous sommes actuellement six milliards et demi, on pense que nous serons neufs milliards d’ici la fin du siècle. Et il faut pouvoir nourrir tout le monde. A la surface du globe existe de nombreuses formes d’agriculture avec des rendements très inégaux. L’agriculture moderne, c'est à dire avec une mécanisation et une chimisation, n’est pas pérenne et n’est pas extensible sur toutes les terres (exemple la désertification en Asie centrale suite à la production intensive de coton). Mais pour le moment, c’est cette agriculture qui nous apporte les prix les plus bas et celle qui dicte les cours du marché agricole mondial. Résultat dans les pays riches, nous consacrons moins de 12% de notre budget à notre alimentation. Et oui, on paye le litre de lait à moins de cinquante centimes alors que son prix de revient est quatre fois plus élevé.

L’agriculture moderne ne peut pas nourrir neufs milliards d’humains. De plus, elle risque de mettre en péril la terre < thème très à la mode >. Mais tout ceci rentre dans un système. L’agriculteur râle mais sa femme lui rapporte du marché des produits à bas prix. C’est bien au consommateur de choisir. C’est lui qui choisit de voler l’eau aux Mauritaniens en achetant ses tomates en grande surface. C’est lui qui choisit de mettre en danger ses voisins agriculteurs en achetant du mouton de Nouvelle Zélande qui a lui même dû polluer l’océan en arrivant jusqu’à nous. Les exemples abondent…

Quand à l’UE, je pense qu’elle a bon dos. Cependant comme l’explique très bien PISANI dans son ouvrage Un vieil homme et la terre. Neufs milliards d’êtres à nourrir, la nature et les sociétés rurales à sauvegarder., la PAC est une politique qui a fait ses preuves il y a une dizaine d’années mais qui est actuellement dépassées. Pour en arriver à manquer de lait en Europe, ils ont fait fort là !

mercredi, 06 juin 2007

ça creuse l'agriculture

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Cher Tony,

Etudier l’agriculture en géographie, c’est trop bien ! On voyage dans le monde entier : le pays Bamiléké au Cameroun et l’abbatis-brûlis, les plaines de blé américaines, les plantations de cacao de Côte d’Ivoire, la riziculture du Vietnam… Mais aussi dans le temps, de 10 000 BP à nos jours, un bon bout de chemin à parcourir.

Et puis les professeurs sont très malins. Evidemment ils ne nous font pas commencé par l’agriculture en France et son monde paysan. On introduit la matière avec des exemples plus… exotiques. Il ne faut quand même pas rêver, même des grands géographes comme nous < ! > ont une liste de préjugés plus que longue sur la paysannerie française. Alors quand au deuxième semestre, M Raison aborde gentiment le problème agricole français, on est tout ouïe. Et, oh miracle on s’étonne même de prendre la défense de nos agriculteurs européens.

Les conséquences de cet apprentissage sont multiples et variées. Elisa en jardinant a fait tombé une murette. D a appris que les briques de lait ne sortaient pas de la vache. A ainsi que M ont apprécié la revalorisation du métier de leurs parents. Et moi je suis exténuée, désolée je n’ai pas l’habitude de l’agriculture, tout juste de l’extérieur, alors désherber une platebande donne vraiment faim…

Finalement le salon de l’agriculture sera moins fatigant !