dimanche, 20 juillet 2008

Mais c'est qui ces "60" ?

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Cher Tony,

Au cas où tu l’ignorais, le jeu des départements le jour du départ en vacances, c’est bientôt fini. D’accord ce n’est pas dramatique ! Mais il me fallait auparavant mener ma petite enquête.
Tout est parti d’une simple observation : on croise de nombreuses voitures immatriculées 60 à l’extérieur de leur départements d’origine et que ce soit par chez toi, tout là bas dans le sud ou par chez moi tout là bas à l’ouest.
Donc puisque nous apprenons nos départements et nos régions en seconde année de licence de géographie, je peux t’informer que le « 60 » correspond au département de l’Oise, chef lieu Beauvais, le tout appartenant à la région administrative Picardie au nord de Paris.
Premièrement : vérifier que notre constatation est vraie. En sciences humaines, lorsque l’on veut prouver quelque chose, on utilise la science, la vraie. Pour les statistiques, il nous faut des sources donc des chiffres. Et les ennuis commencent…
Les chiffres concernant la population sont issus du recensement de 2006. Pour ce qui est des voitures, je me suis efforcée d’obtenir des chiffres officiels seulement les informations données sont le nombre d’immatriculation données pour une année. Mais j’ai déniché un document sur le parce voitures de moins de 15 ans en 2004 par département.

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 J’ai voulu savoir si la proportion de voitures par rapport à la population en âge d’avoir le permis dans l’Oise était significativement différente de cette même proportion à l’échelle de la France.
J’ai donc un échantillon E - l’Oise - de n - nombre de personnes en âge d’avoir le permis –individus pour lequel on constate une proportion p – nombre de voiture par rapport en âge d’avoir le permis-.
On cherche à savoir si cette proportion p est compatible à π0 d’une population P.
Soit π, la proportion de la population dont est issu l’échantillon.
H0 : π = π0
H1 : π ≠ π0
CONDITIONS D’UTILISATION :
nπ0 ≥ 5
n(1-π0) ≥ 5
n = 570 507
p = 75,232 %
π0 = 68,357 %
Allez, un peu de calcul. Tu n’as pas tout oublié aux mathématiques.
nπ0 = 389 981,47
n(1-π0) = 180 525,53
Donc conditions réunies, t’inquiète, j’en aurai trouvé un autre.
On calcule un paramètre U que l’on va comparer avec la valeur critique définie par α, dans la table normée centrée réduite.
Si lUl> valeur critique, alors on rejette H0 et on conclut avec H1.
U = (p-π0) / √ [π0 (1 – π0) / n]
U = 111,654
On est sur un test binomial, puisque la proportion de l’Oise peut autant se situer à droite qu’à gauche de la valeur pour la France sur la courbe gaussienne. Avec un risque de 5% d’erreur, c'est à dire 2,5 à gauche et 2,5 à droite, la valeur de α = 1,96
lUl> α
donc la proportion de voitures par rapport aux personnes en âge d’avoir le permis dans l’Oise diffère significativement de la proportion française. H1 acceptée.
Très bien, mais pourquoi me diras-tu. J’ai continué mon étude. J’ai cherché à savoir si un paramètre donné pouvait expliquer cette différence. Donc Corrélation/Régression, ce mot fait toujours aussi peur ! Le mot barbare – régression – est l’équivalent statistique du mot barbare – fonction – des mathématiques. En français, tu voudrais savoir si le prix de la carte grise pourrait influencer la proportion de voitures par rapport aux personnes en âge d’avoir leur permis. Et puis, tu peux chercher d’autres raisons : la richesse de la population, la densité, le nombre de villes etc. On est fainéant comme tout matheux qui se respecte donc on fait juste les dessins.

taux selon densité de population.jpg
taux selon le prix du cheval administratif.jpg
taux selon PIB par habitant en €.jpg
tx selon proportion de communes de moins 2000 hab.jpg 
 Et là, problème, il n’y a pas de corrélation. Tu peux faire le test, si ça t’amuses, ou laisser Excel le faire. Mais rien, tu ne te décourages pas. La valeur de Paris, tu l’as remarquée, est souvent « loin des autres ». Et puis après tout, Paris c’est une commune et un département à la fois donc c’est de la triche. Et puis c’est une grande ville où beaucoup de Français vivent. Enfin bref, elle biaise le test. Allez hop, à dégager.

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Ah oui mais ce n’est pas mieux.
Désolée, je cale. Ce n’est pas une bonne chute ? Bon, bah… euh… je brode.
Premier problème : les sources. Petit souci dans un calcul, dans le recensement, je peux avoir les moins de 20 ans mais pas les moins de 18 ans donc ma population en âge d’avoir le permis n’est pas correcte. Ensuite le nombre de voitures immatriculées dans un département, il se base sur quinze années. Et puis, cette constatation, elle est récente donc est-elle présente dans les chiffres et est-elle suffisamment visible.
Et après, tu réfléchis. Tu demandes gentiment à quelqu’un sortant d’une voiture « 60 » s’il est de Beauvais. Cette impression d’envahissement des « 60 » vient des voitures de location. Les statistiques ne font pas tout ! Donc on est d’accord que c’est sûrement un problème économique. Le prix d’un cheval administratif est en effet le plus faible dans la région Corse et dans la région Picardie. Mais la Somme ne t’as pourtant pas fait cet effet < c’est le 80 >. La Corse est disqualifiée puisque l’insularité pourrait avoir quelque chose là dedans. Je suis géographe, j’aime l’histoire, après tout peut-être que les entreprises de location de voiture sont implantées dans ce coin là < un peu comme la VPC du Nord-Pas de Calais >. Pas de bol, tous les sièges sociaux sont en Ile de France.
Donc je sèche vraiment et je suis ouverte à toutes suggestions. Le prix de la carte grise y est sûrement pour quelque chose. Mais pour obtenir une carte grise, tu dois avoir une adresse fixe dans le département où tu en fais la demande. Donc on ne va pas tous acheter une résidence secondaire dans l’Oise pour obtenir un tarif préférentiel. Et en règle générale, tu demandes la carte grise à la préfecture de ton département. Donc il y a peut-être une corrélation mais uniquement sur les valeurs de « trop » : les voitures n’appartenant pas à une personne de l’Oise. Ce qui expliquerait pourquoi on ne voit pas cette corrélation. Mais cela n’explique en aucun cas pourquoi l’Oise et pas l’Aisne et la Somme ?
C’est bien comme sujet de géographie régionale ? Mieux que la bouffe et les équipes de foot et de rugby ? Si, si. J’ai utilisé l’outil statistique, j’ai fait mon enquête de terrain (interrogation de mon voisin du « 60 » mais un vrai ! qui vient en vacances dans mon coin) et puis j’ai appris des choses sur l’Oise, les entreprises de location de voitures…

jeudi, 05 juin 2008

Les dunes en vrai...

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Cher Tony,
Paysage de rêve… aux Moutiers en Retz, on se contente de ce que l’on a ! Cette année la biogéographie était au programme. Et en TD, nous nous sommes attachés aux dunes du littoral français. Serait-ce le dynamisme de Madame Debaine ou le caractère exceptionnel de notre promo < ! > toujours est-t-il que rares sont ceux qui n’ont pas pris le temps de se déplacer sur les dunes afin d’observer « en vrai » ces charmants quarante-et-un noms latins de plantes. Les Moutiers en Retz sont une commune du littoral atlantique située au fond de la Baie de Bourgneuf qui autrefois a vécu ses heures de gloire. Les dunes, il faut quelque peu les chercher. En effet, elles sont extrêmement dégradées. La géographie physique de la Baie autorise à s’interroger sur la part respective des évolutions naturelles et des impacts de l’aménagement. Sans aucun doute, le trait de côte a fortement varié et les mutations de la saliculture en Baie de Bourgneuf en sont l’illustration. Mais les Moutiers en Retz, sans ressembler à la Baule Escoublac subissent, à partir du milieu du XIXe s, une artificialisation anarchique de la côte. La dune est un espace mouvant et dangereux. Les aménagements doivent protéger les hommes de ce « fléau ». On retrouve même sur un cadastre la toponymie de polder. Les dunes sont également perturbées par l’apport de plantes exotiques et parfois envahissantes des propriétés. L’entretien actuel de ces espaces fragiles n’est guère rassurant. La pollution anthropique se multiplie. La protection des dunes est une fonction que plusieurs acteurs se partagent ce qui rend difficile un travail de diagnostic et d’action concertés. Alors la dune n’est pas tout à fait semblable au descriptif qui nous en est fait à l’entrée d’un chemin :

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Mais ressemble plutôt à ceci :
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Cependant les dunes des Moutiers en Retz présentent une richesse floristique. Afin de relever les espèces, je me suis rendu deux fois sur le terrain (le 22 avril et le 25 mai) ainsi la reconnaissance fut facilitée par la floraison. Au début, j’ai été un peu déçue : sur les 41 noms latins peu correspondaient à mes plantes mais après quelques recherches et des aides précieuses, nous en avons trouvé bien d’autres. Et si vous êtes motivés, il en reste quelques unes à identifier !
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Petit bonus de quelques animaux visibles ou non. La biogéographie, c’est l’étude des être-vivants !
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Petit Suisse : Difficultés techniques dans l’élaboration de la carte. J’ai utilisé, comme pour l’exercice en cours, une photo de la base de données © Ortho Littorale 2000, IGN. Sauf qu’en voulant la numériser sur Map Info, la photo se transformait. Alors je l’ai travaillé sur CS3 < version d’essai durant 30 jours > avec un outil que je ne connaissais pas : vectorisation dynamique. Seulement les polygones ont une forme très arrondie ce qui n’est pas très réaliste. Donc la carte n’est pas super mais elle tente de replacer les fleurs dans leur contexte.

dimanche, 09 mars 2008

Bref topo sur le Cachemire

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Cher Tony,

Le Cachemire, c’est un territoire himalayen que se disputent trois puissances asiatiques. Et le Cachemire est malheureusement un exercice récurrent de la géopolitique.

Le Cachemire, c’est une région montagneuse enclavée. C’est le château d’eau du sous-continent indien. Contrôler la région est un moyen de pression sur les Etats d’aval que sont l’Inde et le Pakistan. Et plus l’Etat est dépendant de cette ressource, plus sa volonté de contrôler cette ressource est forte : le Pakistan. Au Cachemire, la religion majoritaire est l’Islam. Il n’y a pas de guerres de religion. Cette région voit s’affronter deux Etats aux conceptions différentes et contradictoires : l’Inde et le Pakistan. Historiquement, l’Inde et le Pakistan formaient un seul Etat. La partition est largement fondée sur l’appartenance religieuse. Nonobstant, l’Inde se veut un Etat séculariste, les Indiens ont une religion officielle mais sont tolérants envers les autres tandis que le Pakistan est un Etat fondé sur la religion musulmane. Le sécularisme est une notion particulière qui est difficile à appréhender avec la culture française particulière autour de la laïcité. La Chine , le troisième acteur, voit en cette région un espace stratégique qu’elle doit contrôler afin de maîtriser deux « points sensibles » de son territoire : le Xinjiang et le Tibet.

Ces trois puissances possèdent l’arme nucléaire, on ne peut donc parler de conflit mineur.

A cette géopolitique, il ne manque que les Cachemiris.

samedi, 09 février 2008

Le rap en géopolitique

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Cher Tony,

La géopolitique est une approche qui s’adapte à tous les sujets. En géopolitique, on ne s’interdit rien ! Alors pourquoi pas une géopolitique du rap ? C’est ce qu’a fait Barbara LOYER dans l’article « Langue et nation en France » paru en 2007 dans Hérodote.

Seulement voilà Barbara LOYER est une spécialiste… du Pays Basque ! Et l’article rapproche les identités régionales au rap français.

L’auteur reprend le lien entre la langue française et la nation française. Et il est aisé de comprendre le cheminement de l’article quand aux particularismes régionaux.

Là où la tâche est plus rude, c’est quand au rapprochement avec le rap français. Elle appuie sa démonstration sur la figure de la victime qui serait commune aux deux mouvements. L’Etat est oppresseur, il doit réparation et notre mouvement apparaît comme une sorte de résistance.

La comparaison entre identités régionales et rap français est osée mais aussi dérangeante puisque l’identité régionale se fonde sur une langue autre que française tandis que le rap s’appuie sur la langue française, l’auteur le souligne elle-même. Le rap vaudrait à lui seul un article de géopolitique ! En réalité, cet article manque de connaissances sur le mouvement du rap français et c’est en cela que la démonstration ne peut aboutir.

Le rap français est un mouvement musical porté par des acteurs. On pourrait, dès à présent, réaliser un historique du rap. Plusieurs générations se succèdent et la scène française comporte des personnes de plus de quarante ans et des nouveaux venus de quatorze ans. Mais entre ces générations, d’autres trouvent leur place. Le rap est fortement dominé par le monde masculin mais là encore ce n’est pas exclusif et Diam’s est, forte heureusement, pas la seule artiste féminine. Tous les rappeurs n’ont pas vécu en banlieue. Il est curieux de surprendre des gens en disant cela. Et l’écoute du rap n’est pas réservée aux « banlieusards ». Et tout habitant d’une cité n’écoute pas spécifiquement du rap. « Certains ont fait des études »… Le souci est, je pense, une ignorance plutôt qu’un affront ou une provocation.

Dans un mouvement de peinture, on décèle une évolution, une progression. Dans le rap, les choses sont de même et chaque texte doit se resituer dans son contexte. Certains évènements dont évidemment les troubles de novembre 2005 ainsi que l’élection de Sarkozy ont marqué les textes et entraîné des réactions et des réflexions. Les textes d’un même rappeur peuvent se contredire le temps de 2 ans de carrière. Tout n’est pas comparable !

Le rap français a ses grands noms dont on ne peut faire l’impasse. Il est traversé par de grandes tendances : Marseille, Paris. Le slam s’apparente aux belles lettres du rap, a-t-il entraîné une réflexion du monde du hip hop sur la qualité ? Les problématiques géopolitiques autour du rap pourraient être intéressantes mais demandent une structuration du propos.

On ne peut prétendre à une géopolitique du rap sans un minimum de connaissances préalables. L’article de B LOYER donne de nombreuses pistes de réflexion notamment sur la construction de la « banlieue » par le rap. La banlieue est le territoire par excellence des acteurs précédemment esquissés.

Et oui la géographie s’intéresse à tout… même à nos passions.

mardi, 15 janvier 2008

Paysan et oublié...

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Cher Tony,

Les princes enfourchent leurs montures et vont combattre les FARC. Et s’ils ne réglaient pas le problème. Oh oui, il y a des libérations… Le « I have a dream » de M Sarkozy ne s’est pas tout à fait déroulé comme il le souhaitait. Mais c’est sûrement une question de temps. Pourtant le problème demeurera, par conséquent on sera face à d’autres difficultés, peut-être pas des otages mais nous pouvons faire confiance aux FARC, ils trouveront.

Le problème de la répartition des terres est récurrent en Amérique Latine. Pourtant ce continent est peu peuplé (d=21,36). Le poids de la colonisation y est très manifeste. La structure agraire est caractérisée par la très grande propriété souvent sous exploitée = latifundia en face de laquelle on retrouve la petite propriété = microfundium sans parler du grave problème des paysans sans terre (voir la technique du grillon dans « Voyage aux pays du coton » de E ORSENNA p. 105). Premier problème que la décolonisation n’a pas su résoudre. Elle l’aurait même peut-être empiré. Et puis aujourd’hui l’Amérique Latine est un continent urbain alors la réforme agraire s’évanouit petit à petit de programmes politiques. Ainsi en 1992, au Mexique, les plafonds imposés pour limiter la taille des exploitations sont enlevés comme toute référence à la réforme agraire dans la constitution.

Second problème, vendre les produits agricoles. Cela semble très faisable. Seulement voilà, ce sont les pays riches qui ont fixé les règles du jeu et comble, ils trichent. < C’est ballot >

Soit en additionnant, je suis un paysan en possession d’un petit lopin de terre, je produis peu, je vends, seulement pour que ma marchandise s’écoule je dois rester compétitif donc accepter des prix dérisoires. Mais je ne reçois pas la moitié de mon salaire en aides multiples et variées… Alors voilà, un jour, on me propose de cultiver des plantes pas très légales, je le sais pertinemment mais qui se vendent très chères dans les pays développés. Je ne fais rarement des folies de cet argent, je n’en suis pas très fier. D’ailleurs lorsqu’on me propose un plan de reconversion, j’y perds mais j’accepte le plus souvent. Cet argent il me permet de vivre, de faire vivre ma famille, éventuellement envoyer à l’école mes enfants, permettre à ma femme de consulter un médecin lors d’une grossesse, un véritable luxe. Les paysans cultivant cette drogue, que nous pays riches consommons < rappelons-le > ne le font pas spécialement de bon cœur, ils survivent.

Et puis les grands de ce monde décident d’éradiquer le problème à la source : stériliser les terres servant à la culture de la coca. Oh Monsanto s’en félicite ! On détruit cultures illégales comme légales (de la banane, des ananas…), on empoisonne même des fœtus. Et le tour est joué… Face à ses actes, les paysans sont désemparés, la colère est vite instrumentalisée par des êtres sans scrupules. Et il est alors facile d’enrôler des hommes dans des guérillas armées.

Assumer les vrais problèmes de son pays : consommation de drogue par la moitié des jeunes générations ou permettre à des paysans d’obtenir une terre et d’en vivre… programme ambitieux de long terme à l’heure où les dirigeants recherchent des satisfactions personnelles beaucoup moins idéalistes et surtout dans les plus brefs délais. Les paysans ne sont pas la priorité, tout simplement. Mais il faut aussi replacer l’actualité dans son véritable contexte.

samedi, 08 décembre 2007

Voyage sur un atoll

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Cher Tony,

Envie de soleil, je ne vois vraiment pas pourquoi… Ce serait abusé, on sort tout juste d’un mois de « vacances ». Non du tout mais bon, s’imaginer sur une plage de sable blanc, à 28°C sous les cocotiers ! Pourquoi pas ? Ca fait tout de même un peu cliché.

Les atolls. Tu croyais qu’on ne pouvait pas faire de géographie en rêvant !

La photo est en rapport avec l’article. Les atolls intriguent depuis longtemps, Darwin avait formulé une hypothèse assez intéressante à ce sujet. Et puis, les techniques se sont développées alors on a sondé ces petites îles curieuses, des théories scientifiques sont arrivées jusqu’aux oreilles de géomorphologues.

Les coraux sont des êtres vivants, ils sont un peu difficiles. Entre autre, ils exigent une eau supérieure à 18°C avec une amplitude thermique inférieure à 3°C. Ils ne tolèrent pas les taux de salinité inférieur à 270/00. Ils n’aiment pas être dérangés et donc ne supportent pas les troubles. Et ils peuvent se développer à des profondeurs de l’ordre de dizaines de mètre. Et comme tous les animaux, ils doivent se nourrir, en l’occurrence d’algues (O2) qui pour respirer ont besoin de la lumière (donc faible profondeur, peu troubles, eaux non chargées…). Toutes ces petits êtres forment une biocénose qui suppose un milieu : le biotope. Ce qui forme des récifs coralliens, c’est une construction biologique constituée de squelettes calcaires et de leurs débris sécrétés et cimentés par les organismes marins vivant en colonie.

Ce n’est pas uniquement dans les atolls que l’on découvre des récifs coralliens.

Pour comprendre les atolls, il faut raconter leur histoire. Elle se déroule sur des millions d’années… La Terre est un puzzle de plaques, c’est aux contacts entre celles-ci que les forces internes se dissipent mais pas seulement. Les points chauds ne fonctionnent pas sur les frontières des plaques. Le point chaud est un chalumeau en dessous d’une fine croûte mais il n’est pas immobile. Cependant sa vitesse n’est pas non plus constante alors en certains endroits de la croûte terrestre océanique, le point chaud en s’éternisant un peu l’a percée et la lave a continué de sortir ce qui a construit un édifice volcanique. Stade Hawaï ! Ce type de volcan est très plan, c’est un cône très aplati. Alors tant que le volcan est alimenté, il croît, il émerge. Comme il est très large, autour de la nouvelle île, il n’y a pas de précipice au-delà de la côte, au contraire on s’avance avec une pente très faible vers les profondeurs. On imagine ensuite que les conditions sont idéales à la formation d’un récif corallien et tout autour de notre volcan, une couronne va se former, se développer… Seulement notre point chaud est toujours mouvant, l’apport magmatique va cesser. L’érosion qui était déjà présente va marquer plus nettement les formes structurales. Pourquoi l’érosion va s’appliquer différemment sur le récif corallien et sur le volcan, c’est ce que l’on appelle l’érosion différentielle. On ajoute aussi un peu de subsidence < mot barbare de la géomorphologie > c’est lourd donc ça coule < je promets de mieux le formuler dans ma copie > alors l’édifice volcanique va s’enfoncer. Résultat, ne va subsister qu’un anneau entourant une lagune. Ce stade qui fait les belles cartes postales ne va pas rester immobile durant un temps infini, l’histoire géologique continue. D’autres mouvements plus rapides peuvent intervenir comme les régressions et transgressions du niveau marin.

Et puis les atolls n’ont pas toujours des formes circulaires. Cela est du aux petites natures que sont ces organismes vivants à l’origine des récifs coralliens. En effet, ils sont aussi très sensibles aux vents. La forme de fer à cheval est assez remarquable que ce soit dans les zones balayées par les alizés ou de sens opposé ceux disposés dans la Zone de Convergence Inter Tropicale et frappés par les moussons. Le vent n’agit pas seulement au stade de l’érosion, il ne peut qu’imprimer quelques retouches mais dans la formation même du récif.

Avec tout ça, se prélasser sur une belle plage de sable fin des Maldives (forme de faros), ce n’est plus tellement du cliché. C’est l’étude de terrain des Madréporaires groupés en colonies de Polypes.

Sur la photo < non, elle ne provient pas d’une sortie terrain > nous contemplons un atoll pélagique. C’est un récif anormalement perché au dessus de la mer. Il s’agit de l’île de Bikini du côté des îles d’Hawaï au milieu de l’Océan Pacifique.

 

samedi, 17 novembre 2007

Super Woman, la Française

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Cher Tony,

Non ce n’est pas du chauvinisme plutôt un de mes sujets dada. On s’imagine facilement que l’ouverture du marché du travail à la femme entraîne une diminution de la fécondité. C ’est vrai dans un premier temps mais actuellement en UE, c’est faux. Et la Française détient un des plus importants taux de fécondité < juste derrière l’Irlande > tout en conservant un taux d’activité des plus élevés. « Mais toi la super-Française, quel est ton secret ? » titrait en août 2005 un article du Courrier Internationnal. C’est important de reconnaître ses points forts ! Rien avoir avec des supers femmes… Comparons plutôt avec nos voisines.

Imagine-toi en Allemagne, tu viens de mettre au monde un enfant mais ce n’est pour autant que tu abandonnes ton emploi, ta carrière. Tu décides donc de faire garder ton enfant. Pour des raisons historiques, il existe peu de crèches en Allemagne, on a une certaine réticence à laisser ses enfants dans des dtructures collectives. Alors tu as recours à une nourrice que tu vas payer à plein temps jusqu’à l’âge des trois ans de ton enfant. A ce moment là, il t’est permis de l’inscrire à l’école qui est payante de trois à six ans. Puis à six ans, ton enfant va à l’école gratuite mais il n’a pas cours l’après midi, temps durant lequel toi tu travailles donc nouveaux frais pour des activités, des accueils périscolaires… Résultat des comptes, en Allemagne, on se retrouve devant un choix entre le travail et l’enfant.

Dans les pays du sud de l’Europe, le problème est un peu différent. Ces pays ont connu des dictatures de type fasciste qui ont développé des politiques pro natalistes. Alors la moindre mesure rappelant de près ou de loin ce genre de pratique politique se traduit par quelques mécontentements de l’opinion publique. Les Espagnoles et les Italiennes sont alors confrontées à ce même choix : le travail ou la maternité.

Et nous Française, on paye à peu près 350 à 400 € par mois la garde de son enfant par assistance maternelle au lieu de 1000 €. Et l’école est gratuite dès les trois ans. En réalité, là où la politique familiale encourage l’association travail et la vie familiale, on observe un maintien du taux d’activité et un maintien du taux de fécondité.

Tant de compliments va nous faire rougir… Nous sommes aussi des plus mauvaises élèves dans la participation aux décisions que ce soit dans l’entreprise ou dans la vie politique. Alors l’Irlandaise, meilleure que nous ?

dimanche, 04 novembre 2007

Le sacré développement !

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Cher Tony,

Inégalités et contrastes de développement dans les pays du « Sud »

Tout un programme, c’est mon sujet de dissertation à rendre mercredi avec maximum une copie double et une introduction et une conclusion ne dépassant pas vingt lignes. J’adore évidemment. Il y a des livres de plus de trois cents pages sur ce sujet. Comment j’articule toutes les notions importantes d’un sujet si vaste.

Non c’est vraiment pas cool… Mais bon comme si j’avais mon mot à dire. Alors on ne rechigne pas au travail. Avant goût avec l’introduction à laquelle il manque une accroche sympathique mais qui fait déjà plus de vingt ligne !

 

Le développement est une notion récente née dans un contexte particulier. C’est celui de la Guerre Froide et de la décolonisation. Le point quatre du discours du président des Etats-Unis Truman en 1949 éclaire l’opinion publique quant à l’état de sous-développement « nourriture insatisfaisante […] victimes de maladies […] vie économique est primitive et stationnaire », « Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. ». Le développement doit permettre aux « peuples libres du monde […] (de) produire, par leurs propres efforts, plus de nourriture, plus de vêtement, plus de matériaux de construction, plus d’énergie mécanique afin d’alléger leurs fardeaux ». Donc tous les pays évoluent et gravissent les mêmes étapes afin de devenir développés. C’est le sens de la théorie de l’économiste Rostow : à travers cinq stades, les sociétés du monde entier atteignent le stade du vieux monde européen ou des Etats-Unis. Les termes pour désigner ces pays qui devraient franchir ce processus de développement ont varié depuis une cinquantaine d’années. Celui de « Sud » répond à un souci de neutralité. Cependant ce vocabulaire limite la perspective de situations de développement très variées à travers le monde. Les contrastes du monde actuel sont-ils le reflet de vitesses de développement différentes engendrant l’observation de stades distincts amenant à plus ou moins long terme à un monde développé homogène? Ou bien ces inégalités sont issues de divergences qui ne permettraient pas un monde uniforme à long terme ? Les inégalités et contrastes de développement peuvent s’évaluer à différentes échelles géographiques. C’est au moyen d’une petite échelle que nous analyserons les situations antérieures à la seconde guerre mondiale. Nous étudierons les politiques économiques à travers une typologie simple : Pays les Moins Avancés, pays exportateurs de pétrole et les pays émergents. Enfin c’est avec une plus grande échelle que nous appréhenderons les nouvelles réalités d’une mondialisation poussée.

 

En réalité, le développement est une notion très subjective. C’est un processus qui permettrait aux pays dits sous-développés de devenir développés. Mais comment juge-t-on le développement ? Les indicateurs ? Les experts internationaux ont pu améliorer ces indicateurs ou les compléter : le Produit Intérieur Brut en Parité de Pouvoir d’Achat, l’Indicateur de Développement Humain, l’Indicateur Sexo-spécifique de Développement Humain, selon les catégories socioprofessionnelles…

Construire une typologie ? Cela s’avère très difficile, quels critères retenir ? On ne peut obtenir un travail entièrement objectif.

Les termes, depuis la cinquantaine d’année d’histoire du concept de développement, n’ont fait qu’évoluer. On cherche à limiter les connotations mais à déterminer des termes ayant un sens, une représentativité des différents états de développement observables dans le monde.

Pourquoi finalement une telle « instabilité » dans toutes ces études sur the development ? Parce que tout ça est subjectif. Comment peut-on justifier nos jugements ? Vers quoi s’avance-t-on ? Sommes nous un modèle ? Toutes ces réflexions déstabilisent depuis le début (1949) les théories du développement.

Aujourd’hui, les études sur la mondialisation < the mot de la géographie > ne manquent pas. L’internationalisation des échanges notamment commerciaux, puisque l’économie gère beaucoup de choses dans notre petit monde, accroisse les inégalités. Comment fonctionnerait le marché si le monde était totalement homogène ? Les inégalités sont nécessaires à l’économie. Alors pourquoi parler de développement là où toutes ces différences nous sont tellement utiles ? Là où l’on ne désire pas qu’elles se comblent ? Question d’éthique… Comment peut-on laisser des gens mourir de soif ou de faim dans un objectif de profit ? Dit comme ça c’est difficile. Aujourd’hui, la médecine permet de guérir de la maladie du sommeil. Mais produire un traitement pour des pays majoritairement africains qui ne sont pas solvables, non ce n’est pas possible. Alors on injecte à ses patients du cyanure qui détruit les veines, chaque jour une injection dans une veine différente. Résultat, beaucoup de souffrance pour peu de résultats et beaucoup de morts. Oui, c’est une réalité du monde d’aujourd’hui…

 

 

 

samedi, 27 octobre 2007

A l'heure du grenelle de l'environnement

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Cher Tony,

Le développement durable vise à répondre aux besoins des générations présentes sans porter atteinte à ceux des générations futures. Comment être contre ? Bah oui c’est passe partout, ça fait bien. C’est drôlement chouette le développement durable.

La notion de développement durable s’inscrit dans les démarches de conservation. On retrouve des formes de conservation dès l’Antiquité : réserve de chasse, réserve forestière… Mais la grande date est celle de 1872 et la création du premier parc national : Yellowstone aux Etats-Unis. Dans quels buts conserve-t-on ? On protège la ressource naturelle dans un but économique. Ce parc a une vocation économique chez ses législateurs, on parle de revenus touristiques. Courant XXe siècle s’ajoute à ce mouvement une entrée naturaliste. Il est indispensable pour les scientifiques d’étudier la nature in situ, compréhension des espèces au sein d’un écosystème, ce qui semble difficile à reproduire en laboratoire. Le World Wildlife Found voit le jour en 1958. Le premier parc français est créé en 1963. C’est une période où les revenus en provenance du tourisme augmentent, les politiques y prêtent alors attention. Les scientifiques ont alors de nouvelles préoccupations : faire accepter la création de vastes zones protégées dans leurs pays donc gel de terres. Pourquoi ? Parce que l’essentiel de la biodiversité se trouve dans les latitudes intertropicales.

Les premières inquiétudes pour notre planète bleue coïncident avec les premiers rapports des astronautes et les photos satellites. Les premiers partis vert voient le jour. Mais la conjoncture en décide autrement, les chocs pétroliers, les difficultés sur la scène internationale font oublier les résolutions du Club de Rome, de conférence sur l’environnement de 1972. On omet même la conférence de 1982.

Les difficultés quand au gel de terres agricoles dans les parcs nationaux des pays du Sus s’accentuent. Les réflexions des scientifiques amènent à un nouveau constat dans les années 1980 il ne peut y avoir de conservation sans développement local et inversement il n’y aura pas de développement sans conservation.

1987, c’est l’apparition du terme développement durable dans le rapport Brundtland. L’opinion publique change à la suite des accidents de Tchernobyl, Bhopal. C’est la diffusion, vulgarisation du développement durable avec notamment le sommet de la Terre à Rio en 1992.

Mais le développement durable est la manifestation d’un problème plutôt que l’esquisse d’une solution. Voilà le développement sous entend une croissance indéfinie même s’il est ralenti, on progresse à long terme. Or nous vivons dans un système fini. Il ne peut y avoir de développement durable. C’est un oxymore. Alors quelles solutions sont proposées ? On décroît de manière soutenable. C’est le mouvement de la décroissance soutenable.

Pourquoi s’attaque-t-on aujourd’hui aux changements climatiques et non à la diminution de la biodiversité ? On répond techniquement aux questions du changement climatique. De plus on gagne de l’argent, le développement durable est un formidable moteur de l’économie. Mais pour remplacer des abeilles, comment se débrouille-t-on ? Et puis la diminution de la biodiversité fait peur. Serait-on dans une crise majeure comme celle qui a causé la disparition des dinosaures ? Ce n’est pas inconcevable au regard des chiffres que nous annoncent les experts sur les disparitions d’espèces. Nous survivrons sans aucun doute à 2 ou 3°C de plus mais dans quel monde ?

La notion de développement a cependant des côtés très intéressants. En particulier celui d’avoir établi ce mot développement pour l’ensemble de la planète et non plus réduire ce terme aux pays du sud qui font si peur dans l’opinion publique.

samedi, 07 juillet 2007

La plaie des 4X4

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Cher Tony,

J’ai croisé Maman Pierre-Laurent en attendant quelque client dans ma crêperie. Elle s’est arrêtée à la charcuterie pour faire une course qui a bien durée cinq, six minutes <non je ne suis pas une mère potin mais mon radar est très sensible à Maman Pierre-Laurent> durant lesquelles le moteur tournait. Pour en ajouter, Maman Pierre-Laurent possède un 4X4. Bah oui, on habite à trois cents mètres de la mer, on doit bien être à 0 mètre d’altitude. D’accord, elle habite rue de la Source <même pas tout en haut !> je te donne trois mètres au dessus de la mer. Vu la fréquence des travaux effectués pour le tourisme, les routes sont en très bon état. Enfin bref tu me trouveras l’utilité d’avoir un engin pareil… Et pour couronner le tout, elle change souvent de voiture et ce n’est pas son premier 4X4, tant qu’à faire. Je n’ai absolument rien contre Maman Pierre-Laurent mais contre les 4X4 je partirai bien en guerre.

D’un point de vue sécurité, lors d’accidents impliquant un 4X4, les occupants du 4X4 s’en sortent relativement bien mais on ne peut pas en dire autant de canaux d’en face. Il ne faut pas beaucoup de vitesse pour qu’une collision frontale devienne mortelle en présence d’un 4X4.

Mais du point de vue de l’environnement, ce qui nous intéresse un peu plus en géographie, le 4X4 c’est une plaie. Il ne faut pas pousser, à Paris, Bordeaux ou dans ma bourgade le 4X4 n’est d’aucune utilité. Je n’en dirai pas autant de Nice lorsqu’on habite une maison en plein milieu du maquis qui est donc difficile d’accès et qui en plus crame tous les ans, ce qui est encore une connerie ! Le 4X4 pollue l’environnement. Tu me diras comme toutes les voitures, non il pollue de manière plus importante. L’environnement est à la mode, on le sort à toutes les sauces <comme la précarisation de l’an dernier> mais ce n’est pas sur les doigts des industriels et des agriculteurs qu’il y a urgence de taper, c’est sur le simple consommateur. Oui les agriculteurs polluent nos eaux avec leurs nitrates et ils devraient payer cette pollution mais les phosphates, ce n’est pas eux, ce sont nos machines à laver. Plus une ville est grande, plus son habitant rejette de déchets. Les Français sont sensibles à la question de l’environnement mais le réseau routier augmente de 60%. Il y a quand même un bug dans le système !

Les 4X4 prolifèrent, ils polluent plus l’environnement. Mais à côté de cela, on se préoccupe de notre planète : on veut que des mesures soient prises. Oui, moi je pense qu’une taxe à l’achat d’un 4X4 serait la bienvenue, c’est ça une mesure concrète de lutte contre la pollution.

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