jeudi, 05 juin 2008

Les dunes en vrai...

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Cher Tony,
Paysage de rêve… aux Moutiers en Retz, on se contente de ce que l’on a ! Cette année la biogéographie était au programme. Et en TD, nous nous sommes attachés aux dunes du littoral français. Serait-ce le dynamisme de Madame Debaine ou le caractère exceptionnel de notre promo < ! > toujours est-t-il que rares sont ceux qui n’ont pas pris le temps de se déplacer sur les dunes afin d’observer « en vrai » ces charmants quarante-et-un noms latins de plantes. Les Moutiers en Retz sont une commune du littoral atlantique située au fond de la Baie de Bourgneuf qui autrefois a vécu ses heures de gloire. Les dunes, il faut quelque peu les chercher. En effet, elles sont extrêmement dégradées. La géographie physique de la Baie autorise à s’interroger sur la part respective des évolutions naturelles et des impacts de l’aménagement. Sans aucun doute, le trait de côte a fortement varié et les mutations de la saliculture en Baie de Bourgneuf en sont l’illustration. Mais les Moutiers en Retz, sans ressembler à la Baule Escoublac subissent, à partir du milieu du XIXe s, une artificialisation anarchique de la côte. La dune est un espace mouvant et dangereux. Les aménagements doivent protéger les hommes de ce « fléau ». On retrouve même sur un cadastre la toponymie de polder. Les dunes sont également perturbées par l’apport de plantes exotiques et parfois envahissantes des propriétés. L’entretien actuel de ces espaces fragiles n’est guère rassurant. La pollution anthropique se multiplie. La protection des dunes est une fonction que plusieurs acteurs se partagent ce qui rend difficile un travail de diagnostic et d’action concertés. Alors la dune n’est pas tout à fait semblable au descriptif qui nous en est fait à l’entrée d’un chemin :

 

 

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Mais ressemble plutôt à ceci :

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Cependant les dunes des Moutiers en Retz présentent une richesse floristique. Afin de relever les espèces, je me suis rendu deux fois sur le terrain (le 22 avril et le 25 mai) ainsi la reconnaissance fut facilitée par la floraison. Au début, j’ai été un peu déçue : sur les 41 noms latins peu correspondaient à mes plantes mais après quelques recherches et des aides précieuses, nous en avons trouvé bien d’autres. Et si vous êtes motivés, il en reste quelques unes à identifier !

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Petit bonus de quelques animaux visibles ou non. La biogéographie, c’est l’étude des être-vivants !

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Petit Suisse : Difficultés techniques dans l’élaboration de la carte
J’ai utilisé, comme pour l’exercice en cours, une photo de la base de données © Ortho Littorale 2000, IGN. Sauf qu’en voulant la numériser sur Map Info, la photo se transformait. Alors je l’ai travaillé sur CS3 < version d’essai durant 30 jours > avec un outil que je ne connaissais pas : vectorisation dynamique. Seulement les polygones ont une forme très arrondie ce qui n’est pas très réaliste. Donc la carte n’est pas super mais elle tente de replacer les fleurs dans leur contexte.

mardi, 15 avril 2008

Le fabuleux monde agricole...

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Cher Tony,

Aujourd’hui, sortie terrain ! Non, l’institut qu’est l’IGARUN n’est pas devenu subitement riche et motivé par la formation de ses étudiants. Non, pas vraiment, les profs donnent les consignes et nous allons sur le terrain.

Donc vélo <20 min, c’est raisonnable>, stylos et papier et nous voilà dans une exploitation agricole. <Don’t panic>, je n’étais pas en bottes de caoutchouc à compter des vaches en pataugeant dans une boue douteuse en tentant de comprendre et de me faire comprendre d’un agriculteur de 58 ans <j’ai déjà fait, remarque, ah, t’y crois pas>. L’agriculture, ce n’est plus ça… Mme Margetic se tue à nous prouver le contraire ! L’agriculture, c’est un monde merveilleux, jeune, beau, dynamique, respectueux de la nature… Et j’ai trouvé l’exploitation agricole selon le monde édulcoré de la licence 2 de géographie à Nantes.

Les Salines de Millac se situent dans la Baie de Bourgneuf, en France. C’est une Exploitation Agricole à Responsabilité Limitée (EARL) de 11 ha qui fait vivre deux cogérants passionnés. La production, c’est du sel. Le sel est un produit particulier dans la mesure où il n’est ni végétal ni animal, c’est un produit minier et non reconnu en tant que produit alimentaire pendant un certain temps. La production se fait sur la terre mais nécessite également la mer. Revenons à notre exploitation, il n’y a aucuns bâtiments. Nous sommes sur une zone Natura 2000 et la construction est interdite. Pourtant, l’exploitation marque le paysage. Les trois marais salants de l’exploitation se démarquent du marais alentour puisque c’est une zone entretenue par l’homme.

L’exploitation est jeune (6 ans) et est une création. Les exploitants sont jeunes et ont un parcours atypiques dont les influences sur leur travail d’aujourd’hui est marquée : écologie, marketing, sommelier… C’est peut-être aussi ces expériences dans le monde du travail autre qu’agricole qui leur donne deux atouts majeurs : la diversification et l’innovation. Pourquoi se diversifier quand on ne parle que de spécialisation ? Se diversifier permet de rebondir. L’innovation, c’est un des gros mots de l’économie mondiale. L’agriculture est un secteur de l’économie mondiale, ce n’est pas un monde à part qui pourrait se passer des dernières modes.  

samedi, 05 avril 2008

Les rapports sino-américains

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Cher Tony,

Suite à mon exposé d’hier sur les rapports sino-américains, je me propose <puisque je suis débordée> de te donner quelques éléments de réflexion à ce sujet. 

Je travaillais à partir du texte « Les rapports sino-américains Passé, présent, futur » écrit par le Général Henri EYRAUD. C’est un article de 2003 paru dans la revue de géopolitique Hérodote.

Les rapports sino-américains sont décrits dans ce texte sous l’angle des relations internationales, la difficulté résidait donc dans une retranscription sur le mode géopolitique. J’ai axé mon exposé sur les raisons du dialogue conflictuel entre les Etats-Unis et la Chine en travaillant la notion de puissance.

La puissance, c’est un terme des relations internationales. En effet, de prime abord, la notion de puissance paraît au dessus du territoire. Pourtant, historiquement, un des attributs de la puissance réside dans la géographie des Etats. Les attributs de la puissance évoluent. Aujourd’hui la taille du territoire est moins importante que la puissance économique. Cependant la puissance militaire est toujours prépondérante. En réalité NYE distingue le hard power du soft power. Le hard power correspond à des attributs classiques : géographie, démographie, économie. Tandis que le soft power regroupe les médias, les manifestations mondiales, la diffusion d’un genre de vie ou la capacité à modifier l’agenda international. La frontière entre les deux est parfois un peu floue comme dans de nombreux concepts. Par exemple, la population prise seule peut être considérer comme un handicap mais en mêlant population nombreuse à un haut revenu et à une qualification importante, on change quelque peu la donne.

Pourquoi les relations sino-américaines s’apparentent-elles à un rapport de force ? Parce que nous sommes en présence de deux puissances. Les Etats-Unis sont l’hyperpuissance depuis la fin de la guerre froide. Son aire d’influence est le monde dans son ensemble. La Chine a réalisé une formidable croissance économique. De plus, la Chine reste un Etat non démocratique avec lequel il faut composer. La Chine souhaite faire cesser l’ingérence américaine dans ce qu’elle considère comme sa zone d’influence : Taïwan, le Tibet, les îles Spratleys ou le Xinjiang.

dimanche, 09 mars 2008

Bref topo sur le Cachemire

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Cher Tony,

Le Cachemire, c’est un territoire himalayen que se disputent trois puissances asiatiques. Et le Cachemire est malheureusement un exercice récurrent de la géopolitique.

Le Cachemire, c’est une région montagneuse enclavée. C’est le château d’eau du sous-continent indien. Contrôler la région est un moyen de pression sur les Etats d’aval que sont l’Inde et le Pakistan. Et plus l’Etat est dépendant de cette ressource, plus sa volonté de contrôler cette ressource est forte : le Pakistan. Au Cachemire, la religion majoritaire est l’Islam. Il n’y a pas de guerres de religion. Cette région voit s’affronter deux Etats aux conceptions différentes et contradictoires : l’Inde et le Pakistan. Historiquement, l’Inde et le Pakistan formaient un seul Etat. La partition est largement fondée sur l’appartenance religieuse. Nonobstant, l’Inde se veut un Etat séculariste, les Indiens ont une religion officielle mais sont tolérants envers les autres tandis que le Pakistan est un Etat fondé sur la religion musulmane. Le sécularisme est une notion particulière qui est difficile à appréhender avec la culture française particulière autour de la laïcité. La Chine , le troisième acteur, voit en cette région un espace stratégique qu’elle doit contrôler afin de maîtriser deux « points sensibles » de son territoire : le Xinjiang et le Tibet.

Ces trois puissances possèdent l’arme nucléaire, on ne peut donc parler de conflit mineur.

A cette géopolitique, il ne manque que les Cachemiris.

mardi, 15 janvier 2008

Paysan et oublié...

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Cher Tony,

Les princes enfourchent leurs montures et vont combattre les FARC. Et s’ils ne réglaient pas le problème. Oh oui, il y a des libérations… Le « I have a dream » de M Sarkozy ne s’est pas tout à fait déroulé comme il le souhaitait. Mais c’est sûrement une question de temps. Pourtant le problème demeurera, par conséquent on sera face à d’autres difficultés, peut-être pas des otages mais nous pouvons faire confiance aux FARC, ils trouveront.

Le problème de la répartition des terres est récurrent en Amérique Latine. Pourtant ce continent est peu peuplé (d=21,36). Le poids de la colonisation y est très manifeste. La structure agraire est caractérisée par la très grande propriété souvent sous exploitée = latifundia en face de laquelle on retrouve la petite propriété = microfundium sans parler du grave problème des paysans sans terre (voir la technique du grillon dans « Voyage aux pays du coton » de E ORSENNA p. 105). Premier problème que la décolonisation n’a pas su résoudre. Elle l’aurait même peut-être empiré. Et puis aujourd’hui l’Amérique Latine est un continent urbain alors la réforme agraire s’évanouit petit à petit de programmes politiques. Ainsi en 1992, au Mexique, les plafonds imposés pour limiter la taille des exploitations sont enlevés comme toute référence à la réforme agraire dans la constitution.

Second problème, vendre les produits agricoles. Cela semble très faisable. Seulement voilà, ce sont les pays riches qui ont fixé les règles du jeu et comble, ils trichent. < C’est ballot >

Soit en additionnant, je suis un paysan en possession d’un petit lopin de terre, je produis peu, je vends, seulement pour que ma marchandise s’écoule je dois rester compétitif donc accepter des prix dérisoires. Mais je ne reçois pas la moitié de mon salaire en aides multiples et variées… Alors voilà, un jour, on me propose de cultiver des plantes pas très légales, je le sais pertinemment mais qui se vendent très chères dans les pays développés. Je ne fais rarement des folies de cet argent, je n’en suis pas très fier. D’ailleurs lorsqu’on me propose un plan de reconversion, j’y perds mais j’accepte le plus souvent. Cet argent il me permet de vivre, de faire vivre ma famille, éventuellement envoyer à l’école mes enfants, permettre à ma femme de consulter un médecin lors d’une grossesse, un véritable luxe. Les paysans cultivant cette drogue, que nous pays riches consommons < rappelons-le > ne le font pas spécialement de bon cœur, ils survivent.

Et puis les grands de ce monde décident d’éradiquer le problème à la source : stériliser les terres servant à la culture de la coca. Oh Monsanto s’en félicite ! On détruit cultures illégales comme légales (de la banane, des ananas…), on empoisonne même des fœtus. Et le tour est joué… Face à ses actes, les paysans sont désemparés, la colère est vite instrumentalisée par des êtres sans scrupules. Et il est alors facile d’enrôler des hommes dans des guérillas armées.

Assumer les vrais problèmes de son pays : consommation de drogue par la moitié des jeunes générations ou permettre à des paysans d’obtenir une terre et d’en vivre… programme ambitieux de long terme à l’heure où les dirigeants recherchent des satisfactions personnelles beaucoup moins idéalistes et surtout dans les plus brefs délais. Les paysans ne sont pas la priorité, tout simplement. Mais il faut aussi replacer l’actualité dans son véritable contexte.

samedi, 07 juillet 2007

La plaie des 4X4

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Cher Tony,

J’ai croisé Maman Pierre-Laurent en attendant quelque client dans ma crêperie. Elle s’est arrêtée à la charcuterie pour faire une course qui a bien durée cinq, six minutes <non je ne suis pas une mère potin mais mon radar est très sensible à Maman Pierre-Laurent> durant lesquelles le moteur tournait. Pour en ajouter, Maman Pierre-Laurent possède un 4X4. Bah oui, on habite à trois cents mètres de la mer, on doit bien être à 0 mètre d’altitude. D’accord, elle habite rue de la Source <même pas tout en haut !> je te donne trois mètres au dessus de la mer. Vu la fréquence des travaux effectués pour le tourisme, les routes sont en très bon état. Enfin bref tu me trouveras l’utilité d’avoir un engin pareil… Et pour couronner le tout, elle change souvent de voiture et ce n’est pas son premier 4X4, tant qu’à faire. Je n’ai absolument rien contre Maman Pierre-Laurent mais contre les 4X4 je partirai bien en guerre.

D’un point de vue sécurité, lors d’accidents impliquant un 4X4, les occupants du 4X4 s’en sortent relativement bien mais on ne peut pas en dire autant de canaux d’en face. Il ne faut pas beaucoup de vitesse pour qu’une collision frontale devienne mortelle en présence d’un 4X4.

Mais du point de vue de l’environnement, ce qui nous intéresse un peu plus en géographie, le 4X4 c’est une plaie. Il ne faut pas pousser, à Paris, Bordeaux ou dans ma bourgade le 4X4 n’est d’aucune utilité. Je n’en dirai pas autant de Nice lorsqu’on habite une maison en plein milieu du maquis qui est donc difficile d’accès et qui en plus crame tous les ans, ce qui est encore une connerie ! Le 4X4 pollue l’environnement. Tu me diras comme toutes les voitures, non il pollue de manière plus importante. L’environnement est à la mode, on le sort à toutes les sauces <comme la précarisation de l’an dernier> mais ce n’est pas sur les doigts des industriels et des agriculteurs qu’il y a urgence de taper, c’est sur le simple consommateur. Oui les agriculteurs polluent nos eaux avec leurs nitrates et ils devraient payer cette pollution mais les phosphates, ce n’est pas eux, ce sont nos machines à laver. Plus une ville est grande, plus son habitant rejette de déchets. Les Français sont sensibles à la question de l’environnement mais le réseau routier augmente de 60%. Il y a quand même un bug dans le système !

Les 4X4 prolifèrent, ils polluent plus l’environnement. Mais à côté de cela, on se préoccupe de notre planète : on veut que des mesures soient prises. Oui, moi je pense qu’une taxe à l’achat d’un 4X4 serait la bienvenue, c’est ça une mesure concrète de lutte contre la pollution.

samedi, 30 juin 2007

Plus de lait en Europe

099f6c2030a131c27dbb5a116f8aac0d.jpgCher Tony,

Ah tout fout le camp ! La troisième mi-temps de l’anniversaire de maman se déroulait dans une grange de ferme. Cinquante personnes venant du monde civilisé, soit à cinquante kilomètres un peu plus au nord est, tournent autour d’un couple d’agriculteurs : c’est un phénomène ! Cette ferme est spécialisée dans l’élevage laitier. Comme tout agriculteur qui se respecte, il a bien sûr fallu l’éternel refrain sur l’Europe. Donc là, les reproches se sont portées sur les subventions donnés aux agriculteurs pour mettre des terrains en jachère alors que l’on manque de lait dans l’UE.

Comme évidemment, tous les agriculteurs en ont après l’UE alors que la moitié de leur salaire provient de Bruxelles sous forme de multiples aides… honnêtement j’ai laissé courir. Il leur faut de toute manière un prétexte.

Sauf que me voilà repartie pour la saison au service dans une crêperie, et, le patron me demande de bidouiller dans la programmation de la caisse enregistreuse afin d’élever les prix à la crêperie puisque le lait augmente car on manque de lait en Europe. Sérieusement nous voilà bien si on manque de lait en Europe.

Donc le prix du lait va augmenter. On va donner des subventions pour rouvrir les terrains en jachère alors qu’il y a quelques mois on en donnait pour mettre des terrains en jachère. C’est bien la preuve que la PAC lancée en 1992 (choix de mettre les produits agricoles européens sur les mêmes bases que ceux du nouveau monde et de rembourser la différence aux agriculteurs sous forme d’aide) est totalement obsolète.

Alors pourquoi les agriculteurs en ont après l’UE ? C’est assez simple. En règle général, plus on travaille plus on gagne d’argent. C’est le même problème que les heures supplémentaires de Sarkozy. Lors d’une mise en jachère qui est obligatoire dans la mesure où pour se faire on donne des subventions et si jamais la mise en place n’est pas faite on supprime des subventions, on gèle des terrains donc on empêche les paysans de la travailler donc on leur fait gagner moins. Avec ce raisonnement, < ne me dis pas que je prends les paysans pour des cons, les 53% du 6 mai ont le même raisonnement et les agriculteurs représentent moins de 2% des actifs > déjà l’UE ça la fout mal. Second problème, c’est l’UE qui décide des tarifs, des cotas. Hypothèse : si c’était le ministère français de l’agriculture qui décidait, il ne faut pas se leurrer, nos agriculteurs en auraient après celui-ci. Et troisième problème, l’UE est de plus en plus grande et on a toujours l’impression que son voisin a plus d’aide, que les pays de l’est sont inondés d’aide. Il est vrai que la remise de subvention si elle est égalitaire, elle n’est pas équitable. Prenons par exemple un agriculteur britannique et un français, du fait même de l’histoire < pas de la leur celle avec un H >, les conditions préalables sont totalement différentes. En caricaturant au maximum, la France du XIXe siècle est paysanne, les paysans en 1789 ont demandé des terres et ils en ont obtenu. Jusqu’en 1931, les ruraux sont majoritaires en France. Conséquence : un micro parcellaire qui va être difficilement adapté à l’agriculture moderne. Tandis qu’au Royaume-Uni, les lords possèdent les terres, ce sont de grands propriétaires terriens qui sont riches et qui vont s’enrichir. Et il est vrai que pour ces deux situations qui sont différentes, les aides sont les mêmes.

Le problème des prix n’est pas restreint à Bruxelles et aux agriculteurs, c’est un défi majeur de l’humanité. Nous sommes actuellement six milliards et demi, on pense que nous serons neufs milliards d’ici la fin du siècle. Et il faut pouvoir nourrir tout le monde. A la surface du globe existe de nombreuses formes d’agriculture avec des rendements très inégaux. L’agriculture moderne, c'est à dire avec une mécanisation et une chimisation, n’est pas pérenne et n’est pas extensible sur toutes les terres (exemple la désertification en Asie centrale suite à la production intensive de coton). Mais pour le moment, c’est cette agriculture qui nous apporte les prix les plus bas et celle qui dicte les cours du marché agricole mondial. Résultat dans les pays riches, nous consacrons moins de 12% de notre budget à notre alimentation. Et oui, on paye le litre de lait à moins de cinquante centimes alors que son prix de revient est quatre fois plus élevé.

L’agriculture moderne ne peut pas nourrir neufs milliards d’humains. De plus, elle risque de mettre en péril la terre < thème très à la mode >. Mais tout ceci rentre dans un système. L’agriculteur râle mais sa femme lui rapporte du marché des produits à bas prix. C’est bien au consommateur de choisir. C’est lui qui choisit de voler l’eau aux Mauritaniens en achetant ses tomates en grande surface. C’est lui qui choisit de mettre en danger ses voisins agriculteurs en achetant du mouton de Nouvelle Zélande qui a lui même dû polluer l’océan en arrivant jusqu’à nous. Les exemples abondent…

Quand à l’UE, je pense qu’elle a bon dos. Cependant comme l’explique très bien PISANI dans son ouvrage Un vieil homme et la terre. Neufs milliards d’êtres à nourrir, la nature et les sociétés rurales à sauvegarder., la PAC est une politique qui a fait ses preuves il y a une dizaine d’années mais qui est actuellement dépassées. Pour en arriver à manquer de lait en Europe, ils ont fait fort là !

mercredi, 06 juin 2007

ça creuse l'agriculture

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Cher Tony,

Etudier l’agriculture en géographie, c’est trop bien ! On voyage dans le monde entier : le pays Bamiléké au Cameroun et l’abbatis-brûlis, les plaines de blé américaines, les plantations de cacao de Côte d’Ivoire, la riziculture du Vietnam… Mais aussi dans le temps, de 10 000 BP à nos jours, un bon bout de chemin à parcourir.

Et puis les professeurs sont très malins. Evidemment ils ne nous font pas commencé par l’agriculture en France et son monde paysan. On introduit la matière avec des exemples plus… exotiques. Il ne faut quand même pas rêver, même des grands géographes comme nous < ! > ont une liste de préjugés plus que longue sur la paysannerie française. Alors quand au deuxième semestre, M Raison aborde gentiment le problème agricole français, on est tout ouïe. Et, oh miracle on s’étonne même de prendre la défense de nos agriculteurs européens.

Les conséquences de cet apprentissage sont multiples et variées. Elisa en jardinant a fait tombé une murette. D a appris que les briques de lait ne sortaient pas de la vache. A ainsi que M ont apprécié la revalorisation du métier de leurs parents. Et moi je suis exténuée, désolée je n’ai pas l’habitude de l’agriculture, tout juste de l’extérieur, alors désherber une platebande donne vraiment faim…

Finalement le salon de l’agriculture sera moins fatigant !

lundi, 28 mai 2007

Le golf

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Cher Tony,

Hier, seconde tournée de l’anniversaire de maman… Oui, pour les cinquante ans de maman, on a décidé de faire une fête entre nous quatre, une avec la famille et une avec les amis. Donc, je me suis retrouvée encerclée de dix membres de ma famille. Et dans les familles qui ne se voient qu’aux mariages (très rares) et aux enterrements (beaucoup plus nombreux), chacun a évolué dans son monde et la rencontre des uns et des autres est sympathique ; finalement, heureusement que les occasions sont rares !

Dans ma grande chance, hier, j’ai rencontré des joueurs de golf. Et des joueurs de golf qui durant leurs vacances font du golf. Mais allez en vacances, autour du parcours de golf de Cholet, ce n’est pas la classe. Alors on préfère celui de Saint François en Guadeloupe ou celui de Marrakech au Maroc. Autant allez faire du golf où il fait beau et chaud… En Guadeloupe, c’est sûrement moins problématique dans la mesure où d’après météo France il pleut entre 994 millimètres d’eau pour les années les plus sèches et 2510 millimètres d’eau pour les années les plus arrosées et qu’étant dans la zone climatique tropicale humide, les précipitations sont assez bien réparties tout au long de l’année. Toujours selon météo France, la station météo de Marrakech reçoit 233 millimètres d’eau par an. En sachant qu’une des principales caractéristiques du climat méditerranéen est la superposition des températures les plus importantes et des précipitations les plus rares voir absentes, le golf il va falloir l’arroser. Bah oui un golf sur une pelouse grillée, ce n’est pas le top. Mais un golf ne produit pas de nourriture et un des gros soucis de ces pays du Maghreb, c’est la concurrence entre le domaine du tourisme et celui de l’agriculture.

Sans compter que ce genre de touristes, ils aiment entre deux parcours se rendre dans une oasis. Alors on maintient de manière tout à fait artificielle des oasis qui en réalité auraient du péricliter du fait de la concurrence avec la ville. Mais le touriste est très content de voir des roseaux pousser à l’ombre d’un palmier et il fait de belles photos. C’est bien connu, on cultive le roseau et on s’en nourrit ! C’est ce que l’on nomme du tourisme intelligent !!!