samedi, 31 janvier 2009
La Time-Geography

La « Time-Geography » est sûrement la spécialité suédoise en matière de géographie bien plus que la « gender geography ».
Il reste souvent délicat aux géographes d’intégrer une dimension temporelle à leurs travaux. En effet, l’étude du temps reviendrait aux historiens qui laisseraient l’espace aux géographes. En réalité, les géographes et les historiens se rencontrent souvent sur de nombreux thèmes. Alors la « Time-Geography » est organisée autour des travaux de Torsen Hägerstrand (1916-2004), professeur à Lund. Durant la période « quantitative » de la géographie et avec l’aide des techniques informatiques, ce géographe suédois intégra le temps aux comportements spatiaux. Comportements spatiaux plus que phénomènes spatiaux, en effet, Hägerstrand travaillera sur de petites échelles et sur l’individu plutôt que sur des objets, flux…
En réalité, on pourrait comparer la « time-geography » à la géopolitique. Ce serait osé ? Pas en terme de contenu ou de production scientifique… J’entends plutôt le fait que ce sont des approches méthodologiques n’ayant aucunes prétentions de science. Elles ne donnent pas de règles, de lois. C’est une façon de voir que les chercheurs sont libres d’intégrer à des travaux ou de ne travailler qu’avec cette approche.
Les implications sont multiples : étude du quotidien d’une famille pour aider à l’urbanisme d’un quartier, étude de la vie de personnes ayant fait une tentative de suicide pour évaluer avec elles les éléments déclencheurs d’un tel acte, étude des comportements touristiques dans les parcs nationaux… Je ne serais dire si cette sous-discipline ne s’attarde qu’aux individus, <j’ai trop peu de lectures pour cela> mais il est vrai que je n’ai que des exemples de la sorte.
Tout ceci reste un peu flou, je suppose, alors voici quelques éléments d’un article original de Thulin et Wiliamsson.
L’introduction du téléphone portable ainsi que la diffusion dans nos sociétés d’Internet ont prédit la mort de la géographie ! Pas moins… En réalité, les mobilités ont changé mais n’ont disparu.
Avec Internet, nous avons tendance à passer plus de temps à la maison ce qui se fait au détriment (forcément) d’activités telles que le sport, le cinéma, les sorties aux café… La question de l’isolation sociale est délicate, elle dépend beaucoup de comportements individuels. Dans une certaine mesure, Internet permet le renforcement de nos relations réelles. Les listes de contact MSN sont souvent composées de personnes « de la vraie vie », de l’amie que l’on a vue toute la journée mais avec qui l’on discute en rentrant du lycée. De nos jours, on nous demande une plus grande mobilité, lors de nos études, de notre carrière, Internet contribue en ce sens au maintien des relations. L’expérience Erasmus est sans doute une très bonne illustration. Mais c’est aussi parfois une façon de conserver des contacts ténus et lointains et de manquer des relations plus proches physiquement. Internet a introduit une mobilité virtuelle.
Le téléphone mobile a bien d’autres implications. Tout d’abord, il évite l’attente du coup de fil à la maison. Ensuite, l’étude montre que l’utilisateur présente un profil bien différent. Ainsi, Internet et le téléphone portable ne seraient pas contradictoires. Le téléphone portable change l’échelle de temps dans la mesure où les projets évoluent beaucoup plus vite. Le SMS est en ce sens un outil très utilisé par les jeunes. « Je suis par chez toi. T’es là ? Je peux passer » Au contraire d’Internet, le téléphone portable traduit une intense vie sociale. Ce qui conduit naturellement à un « trop » puisque vous êtes en permanence connecté, en permanence disponible. Enfin depuis quelques temps, vous pouvez être mobile dans l’espace géographique ainsi que dans un espace virtuel. Les transports en commun sont les lieux les plus représentatifs lorsque vous regardez la télévision, discutez avec des amis ou écoutez de la musique tout en vous déplaçant d’un point A à un point B.
La « Time-Geography » n’est pas un sujet inconnu des géographes français. Le nom à retenir serait Sonia Chardonnel, cette géographe grenobloise a publiée plusieurs articles utilisant cette démarche à la suite de rencontres de Monsieur Hägerstrand.
18:26 Publié dans Le Norden, Les outils, Réflexions épistémologiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : time geography, geography, géographie, hägerstrand, mobilité


































