samedi, 17 janvier 2009
Le SIG, un outil en retrait dans la géographie française ?

Revenons sur ce charmant sigle qui m'a occupé pour la moitié de mon semestre. L'article précédent rassemble des extraits d'un devoir réalisé pour un séminaire sur l'avenir des GIS à partir de textes des années 1990 ainsi que d'un manuel sur les GIS. Je vous rappelle que la plupart de mes articles sont tirés de travaux plus complets, n'hésitez pas, adresse en haut à droite.
SIG pour Système d'Information Géographique. Le SIG est un ensemble de matériel, logiciels, procédés qui permettent l'acquisition de données, leurs analyse dans un système géoréférencé afin d'aider à la résolution de problèmes, souvent dans l'aménagement. Le premier SIG fût créé dans les années 1960 pour le gouvernement canadien. Les SIG vont prendre de l'importance dans les années 1980. Aujourd'hui, nous les utilisons beaucoup qu'il s'agisse de choisir le meilleur lieu pour la construction d'une éolienne, d'un centre commercial ou l'implémentation d'un service d'urgence. On les utilise dans de nombreuses études universitaires et la géographie n'en a pas le monopole : santé, histoire, sociologie. Et puis le grand public connaît bien aussi cette petite bête ou du moins l'utilise pour trouver son chemin.
Actuellement, la géographie utilise ce formidable outil mais laisse aux ingénieurs le soin de créer les logiciels. Le géographe reste également assez effacer dans les entreprises privées qui pourtant utilisent de plus en plus les SIG. La place que pourrait pourvoir le géographe est sur l'analyse. Le SIG est de plus en plus vu comme une formidable moulinette dans laquelle on insère tout un tas de variables afin d'obtenir une modélisation d'un phénomène dans l'espace. Le géographe a la formation afin d'interpréter, conseiller le dirigeant dans les décisions. Parce qu'en effet, le résultat du SIG est le plus souvent sous forme d'une carte et qu'il est donc comme la carte ou les statistiques un outil utilisable à des fins de propagande. Il n'est pas rare pour une entreprise de se justifier auprès des autorités locales avec à l'appui de grandes études à base de SIG.
Mais le SIG n'est pas absent de la géographie. Le plus souvent, un étudiant de licence de géographie reçoit une base d'enseignement en SIG avec l'étude d'un ou deux logiciels. J'ai eu la chance, en effectuant un échange Erasmus, de pouvoir m'exercer à MapInfo, IdrisiKilimandjaro et ArcGIS. Cette base de connaissance nous permet de petites études lors de nos projets. Mais l'utilisation du logiciel reste généralement basique et la recherche de fonctionalités précises nous fait perdre du temps souvent précieux. Les masters en SIG dans un département de géographie sont rares. Les masters de type "aménagement du territoire" assurent une formation plus approfondie. C'est ainsi que l'on peut résumer la formation de base des géographes concernant ce domaine.
Lors d'un second séminaire, j'ai dû présenter des articles de mon choix en relation avec les SIG. Il faut, autant qu'on le puisse, se servir de ses défauts afin de les présenter en qualité. J'ai donc voulu présenter des articles français afin d'élargir le champs de vision. Pour cela, je me suis rendue sur le site de Mappemonde (qui selon moi, traite des questions de visualisation, cartographie donc s'avérait relativement adapté), j'ai entré pour mot clef SIG et est choisi un article. Je me suis vite aperçue que le sigle SIG était absent de l'article. Alors j'en ai choisi un second où j'ai pu trouver le sigle dans une figure ! En choisissant le mot clef "SIG" dans un base de données scientifique vous trouverez des articles forts différents selon que vous travailliez en français ou en anglais. En effet, les articles français ne présentent pas le SIG en tant que tel, ils décrivent et analysent les résultats. Tandis que les articles anglais vous présentent hypothèses, logiciels, les manipulations (en grandes lignes) avant d'interpréter les résultats et de conclure sur les éléments à améliorer, les éventuels autres applications possibles.
Le G de SIG se rapporte bien à la géographie. Pourtant le géographe s'est peu à peu effacé du formidable développement des SIG. Il reste cependant très présent dans les institutions publiques ainsi que dans le monde universitaire. La recherche géographique utilise régulièrement les SIG même si cela n'apparaît pas toujours clairement dans les études.
Aujourd'hui, les questions relatives aux SIG se concentrent sur la qualité. On cherche en effet à affiner les études, proposer de meilleures analyses, rassurer le public quand à l'utilisation des données. Le géographe ne possède sans doute pas les connaissances de l'ingénieur sur les outils d'aujourd'hui, il n'exploite pas la potentialité du logiciel... Mais il possède sans aucun doute la pensée problématique de l'espace. L'ingénieur et le géographe auraient donc à gagner à un travail collectif ce qui est rendu possible dans les grandes entreprises mais rare lorsqu'une seule personne est en charge des SIG au sein de l'entreprise.
19:19 Publié dans Les outils | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : géographie, sig, mappemonde, outil informatique


































